Colombie: enquête contre le médiateur suisse
Jean-Pierre Gontard a-t-il remis 500'000 dollars à la guérilla des FARC ? La justice colombienne devra répondre à cette question, puisque le procureur général Mario Iguaran va ouvrir une enquête contre le médiateur suisse dans l'affaire des otages.
Mario Iguaran a pris la décision d’ouvrir une enquête sur la base des déclarations du ministre de la Défense, Juan Manuel Santos, qui a accusé Jean-Pierre Gontard d’avoir remis en mars 500’000 dollars à un correspondant des FARC au Costa Rica.
Le ministre avait également indiqué que le nom de Gontard figurait à plusieurs reprises sur l’ordinateur de Raul Reyes, le numéro deux des FARC, éliminé par l’armée colombienne le 1er mars. Ce week-end, le médiateur suisse a reçu plusieurs témoignages de soutien, en particulier celui d’Ingrid Betancourt.
La campagne de Bogota contre Jean-Pierre Gontard a commencé après la libération par l’armée colombienne de quinze otages des FARC, dont Ingrid Betancourt, début juillet. Les autorités colombiennes ont ensuite mis fin à la «facilitation» menée par la Suisse, la France et l’Espagne dans le dossier des otages.
Réagissant à l’ouverture de cette enquête qu’il a apprise par les médias, le ministère suisse des Affaires étrangères «a entamé une démarche diplomatique à Bogota pour demander que cessent les attaques répétées» contre son médiateur, comme indiqué dans un communiqué. Berne n’a reçu pour l’heure aucune information officielle de la Colombie concernant une éventuelle plainte.
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.