La Suisse relancée par le Pakistan
Le Pakistan a demandé aux autorités suisses de rouvrir le dossier concernant les accusations de corruption à l'encontre du président pakistanais Asif Ali Zardari, indique mercredi un avocat de l'agence anti-corruption pakistanaise (NAB). L’actuel président est accusé d'avoir blanchi 13 millions de dollars de pots-de-vin.
Cette initiative est la conséquence de l’annulation par la Cour suprême pakistanaise d’une amnistie dont avaient bénéficié des centaines de responsables politiques et entrepreneurs, parmi eux, le président Zardari. La Haute cour a ensuite ordonné à la NAB de rouvrir tous les dossiers de corruption.
«A la lumière de la décision de la Cour suprême de relancer les ‘dossiers suisses’, la procédure a été initiée», a déclaré mercredi l’avocat de la NAB, Abid Zuberi, devant la Cour suprême.
L’Office fédéral de la justice (OFJ) n’a toutefois pas encore reçu de nouvelle demande d’entraide judiciaire, indique son porte-parole Folco Galli.
Symbole de la corruption qui gangrénait le pays au point d’avoir été surnommé «Monsieur 10%», Asif Ali Zardari a passé onze années en prison, mais n’a jamais été définitivement condamné. Il est actuellement protégé par son immunité présidentielle mais, selon les médias pakistanais, il a affirmé ne pas réclamer de «protection» de la Constitution.
Après l’annonce de l’amnistie par les autorités pakistanaise, le procureur général de Genève Daniel Zappelli avait classé en août 2008 la procédure concernant Asif Ali Zardari. Il avait également fait valoir que l’instruction menée en Suisse n’avait pas permis de déterminer que Asif Ali Zardari avait touché des pots-de-vin lors d’attribution de contrats de surveillance au Pakistan.
swissinfo.ch et les agences
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