Secret bancaire: tensions avec l’Allemagne
L'ambassadeur d'Allemagne à Berne sera une nouvelle fois convoqué «dès que possible» par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) après les nouvelles attaques du ministre allemand des finances. «Nous lui dirons notre façon de voir», indique Micheline Calmy-Rey, ministre des affaires étrangères.
Des propos critiques tenus par Peer Steinbrück alors que la Suisse venait, vendredi, de manifester sa volonté d’assouplir le secret bancaire sont en cause. «A mon avis, ces déclarations sont inacceptables, méprisantes sur le fond comme sur la forme», a dit la cheffe de la diplomatie helvétique devant la Chambre basse du Parlement.
La Suisse vient, selon elle, de faire un «pas important» allant dans le sens d’une coopération internationale accrue sur le plan fiscal. «J’aurais attendu une autre réaction de l’Allemagne à l’égard d’un partenaire comme la Suisse, surtout d’un pays qui bénéficie de ses relations avec la Suisse. Pensez aux questions de migrations, de frontaliers ou même de balance commerciale», a relevé la ministre suisse.
Samedi, Peer Steinbrück a comparé l’OCDE et l’Allemagne à la cavalerie et la Suisse aux Indiens lors d’une conférence de presse dans le cadre de la rencontre préparatoire du G20.
Lundi encore, dans un communiqué, il a estimé qu’il existe des raisons de douter de la volonté de la Suisse et de l’Autriche d’appliquer complètement les standards de l’OCDE en termes de transparence fiscale.
En plus de son projet de liste noire contre les paradis fiscaux, l’OCDE a proposé des mesures à prendre contre ces pays, révèle, lundi toujours, le Tages Anzeiger. Ces mesures prévoient notamment des impôts élevés sur les virements effectués dans ces Etats.
Contrairement à des informations antérieures de l’OCDE, un projet de liste noire existe bel et bien, selon le journal. Ce papier est daté du 5 mars. La Suisse y figure, aux côtés de plus de 40 autres paradis fiscaux tels que Guernesey, Andorre ou les Iles Caïmans.
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.