Le Parlement accepte de sauver UBS
Après un débat long de 7 heures, le Conseil national (Chambre basse du Parlement) a décidé d'accepter le versement de 6 milliards pour recapitaliser UBS. Ce feu vert accordé par 116 voix contre 55 n'a pas empêché la multiplication des critiques contre le plan de sauvetage du gouvernement.
La procédure d’urgence, qui garantit le versement des 6 milliards de francs cette semaine à UBS même si les Chambres fédérales posent leur veto, en a fait bondir plus d’un. «Le Parlement suisse se livre à un exercice alibi, contrairement à ceux des autres pays», s’est par exemple insurgé le socialiste schaffhousois Hans-Jürg Fehr.
Autre point sujet à controverse, l’idée de verser les 6 milliards sur des comptes dans l’île anglo-normande de Jersey a été fustigée à gauche comme à droite. «Comment un Etat peut-il se renier lui-même à ce point, c’est un peu n’importe quoi», a lancé le président des démocrates-chrétiens (PDC / centre droit) Christophe Darbellay.
«Jersey n’est pas un paradis fiscal», a rétorqué le ministre des Finances Hans-Rudof Merz. Il a également affirmé que la Confédération n’allait pas verser de «l’argent à fond perdu». Le prêt, soumis à un intérêt de 12,5%, doit rapporter quelque 750 millions de francs bruts par an, a-t-il rappelé.
La gauche n’a pas réussi à assortir le crédit de contreparties de la part d’UBS. Seule la proposition visant à exiger le remboursement des rémunérations excessives touchées par les dirigeants d’UBS au cours des 5 dernières années a failli être acceptée (91 voix contre 90). «Vous porterez seuls la responsabilité des pertes que risque la Confédération», a lancé le président du Parti socialiste Christian Levrat à l’adresse de la majorité de droite.
Parallèlement, le Parti socialiste suisse a remis lundi une pétition munie de 32’000 signatures à UBS demandant que l’argent public versé à la plus grande banque de Suisse ne le soit pas sans contrepartie.
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