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Les doutes du CICR en Afghanistan

En 2001, 20% de la population a dû fuir son village. Le CICR veut éviter un exode encore plus massif. swissinfo.ch

Depuis la chute des Talibans, les ONG sont légion notamment dans l'ouest du pays. Le CICR est conscient des défis et des pièges liés à l'action humanitaire.

Aujourd’hui, tout reste à faire dans un pays entièrement détruit par vingt années de guerre et durement frappée par trois ans de sécheresse.

La province de Ghor, située dans l’ouest de l’Afghanistan, en est la dramatique illustration. Ici, le Comité international de la Croix rouge (CICR) mène actuellement sa plus grande opération d’assistance jamais réalisée.

Eviter un exode encore plus massif

«Notre objectif est d’aider la population à passer l’hiver. Depuis trois ans, l’Afghanistan a été frappé par une très dure sécheresse. Résultat: dans la province de Ghor, plus de 80% du bétail a disparu», souligne Christian Bosson, responsable des opérations d’assistance du CICR pour la province.

L’année dernière, 20% de la population a quitté les villages pour se réfugier en Iran ou aller vivre dans les camps de réfugiés autour de la ville de Hérat.

«Nous voulons éviter un exode encore plus massif. Nous allons distribuer 11’000kg d’aliments à 500’000 personnes. Chaque famille va recevoir 100kg de riz, 30kg de pois cassés et 27kg d’huile. Cette aide alimentaire est un complément», tient à préciser Christian Bosson.

Ce responsable du CICR est conscient des pièges liés l’aide humanitaire. «Il faut éviter de détruire l’économie locale en distribuant une trop grande quantité de nourriture. Ces rations permettent aux gens de vivre pendant trois mois et surtout de continuer leur travail habituel.»

En octobre dernier, les taliban ont été chassés de la province et de son chef lieu Tchagcharan. Surtout, depuis qu’à la mi-février, six soldats britanniques ont débarqué à Tchagcharan, tous les combattants sont allés dans les montagnes pour cacher leurs armes.

Difficile gestion de l’aide internationale

Du coup, dans les ruelles de la ville, on ne voit aucun homme armé. Les organisations humanitaires commencent à s’installer en ville.

«Nous avons un immense travail à faire. Mais pour les autorités afghanes le plus grand défi est la gestion de l’aide internationale. Les dirigeants de ce pays vont-ils construire un projet de développement propre ou bien se plieront-ils à la volonté des organisations internationales», se demande Christian Bosson.

En effet, tout le monde garde encore à l’esprit l’exemple de la coopération avec les pays d’Afrique ou d’Amérique latine où après trente ans d’aide, les Etats assistés n’ont guère évolué.

swissinfo/Siavosh Ghazi, Tchagcharan en Afghanistan

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