L’UDC rejette Armée XXI et Schengen
L'UDC rejette le modèle actuel d'Armée XXI de même qu'une adhésion aux espaces de Schengen et de Dublin. Réunis en assemblée samedi à Gais (AR), ses délégués ont approuvé deux résolutions à l'intention du Conseil fédéral, avec en toile de fond la défense du territoire et des intérêts suisses.
L’UDC s’oppose au renforcement de la collaboration internationale prévue par Armée XXI. La défense du pays et le maintien de la sécurité intérieure doivent rester les tâches prioritaires de l’armée, qui doit les assumer de façon autonome.
L’UDC ne veut pas non plus d’une «armée à deux classes» avec plus de militaires professionnels et des soldats en service long. La Suisse a besoin d’une armée de milice forte, car «le système de milice ancre l’armée dans la population et sert l’économie en formant les cadres», a expliqué le conseiller national bâlois Caspar Baader.
Les temps changent
La future armée telle que la conçoit le Conseil fédéral restera une armée de milice avec pour tâches principales la défense de la Suisse et la promotion de la paix, a assuré le chef du Département fédéral de la défense Samuel Schmid. Mais elle doit s’adapter aux changements dans le monde et la société, a-t-il dit en rappelant par exemple le manque crucial d’officiers.
Mais le conseiller fédéral n’a pas réussi à renverser la vapeur. Jamais il n’aura du affronter un tel front. Par 291 voix contre 49 et contre abstentions, les délégués lui ont donc renvoyé sa copie. Leur résolution demande aussi une école de recrue de 18 semaines au maximum – contre 24 proposées par Armée XXI – et, en contre-partie, davantage de cours de répétition.
Contre l’ouverture des frontières
Les 364 délégués ont approuvé sans opposition une autre résolution contre l’adhésion à l’espace de Schengen, au programme des nouvelles négociations bilatérales entre la Suisse et l’Union européenne (UE) qui ont débuté le 18 juillet dernier. L’UDC s’oppose en particulier à l’ouverture des frontières suisses et à l’interdiction du port d’armes en dehors de l’armée.
La frontière extérieure de l’espace Schengen est «complètement trouée», a fait valoir le conseiller national zurichois Ulrich. «Renforçons-nous vraiment notre sécurité intérieure en renonçant à nos propres contrôles au profit de contrôles qui ont lieu très loin de chez nous et sur lesquels nous n’avons aucune influence», a demandé pour sa part la conseillère d’Etat zurichoise Rita Fuhrer.
Le Conseil fédéral n’a aucune raison de se précipiter aveuglement dans une intégration totale à l’espace de Schengen/Dublin, a-t-elle dit. L’UDC enjoint le Conseil fédéral à ne pas se plier au «diktat» de l’UE et à défendre les intérêts suisses. Il s’oppose par ailleurs à la levée du secret bancaire liée à l’accord sur la lutte contre la fraude.
Comme un lapin devant un serpent
La Suisse «se fige depuis des années comme un lapin devant un serpent devant Bruxelles et les organisations internationales», a déploré le président du parti Ueli Maurer dans son discours d’ouverture. Il a demandé au Conseil fédéral de défendre la Suisse face aux grands de ce monde et de ne plus brader ses intérêts, comme elle l’a fait jusqu’ici.
M. Maurer a aussi enjoint les deux autres partis gouvernementaux de droite à prendre clairement position et à faire suivre les actes aux paroles. Il s’est félicité que le PRD et le PDC se réorientent depuis quelque temps en fonction des jalons posés par l’UDC, qu’il a qualifié de «leader programmatique du camp bourgeois».
swissinfo avec les agences
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