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Barack Obama face au mécontentement populaire

Barack Obama peine un peu à mobiliser ses troupes.

(Reuters)

Lors des élections de «mi-mandat» du 2 novembre, Barack Obama risque de perdre sa majorité, non seulement à l’échelle nationale, mais aussi dans les Etats de la fédération. swissinfo.ch décrypte l’opinion américaine à travers un coup de sonde, notamment auprès d’électeurs d’origine suisse.

Malgré une récente opération pour lutter contre une récidive de cancer, John Moore fait du démarchage pour les candidats démocrates à Alexandria, en Virginie.

«Nous sommes préoccupés par le manque d’enthousiasme des électeurs, mais moi, même en convalescence, je suis enthousiaste et je fais du porte-à-porte», indique ce retraité de l’administration fédérale dont le grand-père maternel émigra de Berne vers 1910.

La démobilisation se lit dans pratiquement tous les sondages, surtout celle des sympathisants du parti démocrate.

Vulnérabilité évidente

Selon l’un des derniers, celui de Gallup, les électeurs républicains sont beaucoup plus susceptibles de se rendre aux urnes. On n’avait plus vu une dynamique aussi favorable à l’un des deux grands partis de la politique américaine depuis 1994, lorsqu’un véritable raz-de-marée avait permis aux Républicains de reconquérir les deux assemblées du Congrès.

La vulnérabilité démocrate est évidente au Nevada, un Etat qui vota à plus de 55% pour Barack Obama et où le chef de la majorité au Sénat, Harry Reid, peine face à une candidate républicaine proche de la mouvance du Tea Party.

Sharon Angle est si conservatrice qu’elle est répudiée par les maires républicains de Reno et Sparks, le premier la jugeant «d’extrême-droite» et préférant soutenir Harry Reid.

Républicain comme son maire, Kurt Stettler, habitant de Sparks né à Eggiswil et arrivé aux Etats-Unis en 1962, n’est «pas enthousiasmé par Angle» qu’il trouve «quelque peu» extrémiste.

Equilibre des pouvoirs

Cependant, Kurt Stuttler votera pour Madame Angle «parce que c’est mieux d’avoir une majorité républicaine au Sénat et un équilibre des pouvoirs» entre Maison Blanche et Congrès. Cet électricien considère, «en tant que personne qui a eu sa propre petite société» que «le parti républicain est plus en phase avec les intérêts des entreprises que les Démocrates».

Les difficultés du chef de la majorité actuelle au Sénat interviennent dans un Etat où le chômage est supérieur à la moyenne nationale et le taux de saisies immobilières est l’un des plus élevés du pays. Mais Barack Obama et ses amis démocrates sont partout confrontés à un climat socio-économique peu porteur.

Combinée à la déception ou à la colère suscitée chez nombre d’Américains par Barack Obama, la crise, avec ses renflouages des banques et d’autres pans du secteur privé, transforme le scrutin en caisse de résonnance pour le mécontentement populaire.

Un référendum!

«Ce scrutin est un référendum sur Obama», lance ainsi Hans Moser, double national qui vit en Caroline du Nord et qui votera Républicain.

«Obama dit qu’il est chrétien, pas musulman, et pourquoi en douterais-je? Mais il est un maçon et cela m’inquiète. En plus, il n’a pas assez essayé d’avoir le soutien des Républicains et il a voulu faire trop de choses en même temps», explique cet Evangélique qui souligne pourtant, «en tant que Suisse», que «la réforme de santé était bonne, car une amélioration du système était nécessaire aux Etats-Unis».

De son côté, Barack Obama tente de faire du scrutin un référendum contre un «retour aux politiques de Bush».

«Le président Obama a hérité d’un gâchis épouvantable et a été sans cesse bloqué par les Républicains qui font obstruction au Congrès et qui ne font pas de propositions constructives alors qu’ils sont la source des problèmes du pays», affirme aussi John Moore, le bénévole démocrate de Virginie.

Les limites de la rhétorique de l’héritage

Mais quatre ans après la mainmise des Démocrates sur les deux assemblées du Congrès et près de deux ans après l’entrée de Barack Obama à la Maison Blanche, la rhétorique de l’héritage a ses limites.

«Les sondages montrent que les Américains continuent de blâmer Bush plus qu’Obama pour la situation du pays, mais les gens disent aussi qu’il est temps qu’Obama et les Démocrates assument plus de responsabilités», indique Karlyn Bowman, politologue à l’American Enterprise Institute.

Pour Karlyn Bowman, le scrutin est un référendum sur la classe politique en général.

«Les Américains sont très mécontents du président Obama, mais ils sont mécontents des deux partis et les Républicains ne sont pas mieux lotis que les Démocrates; quant aux sympathisants du Tea Party, parmi lesquels il y a 30% d’électeurs indépendants et même des Démocrates, ils rejettent l’expansion du gouvernement fédéral qui a démarré avec Bush et s’est poursuivie avec Obama», explique la politologue.

Tout mécontents qu’ils sont des partis qui verrouillent l’accès au pouvoir, les Américains n’ont pas d’autre choix que de voter pour l’une de ces formations, à part l’abstention qui est souvent leur option préférée, surtout aux élections de mi-mandat.

La victoire semble donc sourire au parti républicain qui profite, et de l’enthousiasme de sa base, et des autres effets du mécontentement populaire.

ENJEUX DES «MIDTERM»

Les élections du 2 novembre 2010 sont dites de «mi-mandat», car elles se déroulent à mi-parcours du mandat du président américain.

Les 435 sièges de la Chambre des députés

37 des 100 sièges du Sénat

37 des 50 postes de gouverneur

Les assemblées locales de 47 Etats de la fédération
Référendums: 159 dans 36 États dont 43 proposés par des citoyens, sans parler des référendums à l’échelle des communes et des comtés.

Une myriade de scrutins locaux: maires, conseils municipaux, sheriffs, juges etc.

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Les bases d’une reconquête républicaine

Les Républicains ont besoin de réaliser un gain net de 39 sièges à la Chambre et de 10 sièges au Sénat.

Pour remporter la majorité des Etats, les Républicains doivent obtenir 2 postes supplémentaires de gouverneur.

Selon les sondages, l’opposition serait en mesure d’atteindre ces seuils à la Chambre et aux postes de gouverneur. Ils sont en revanche incertains sur les chances de reconquête républicaine du Sénat.

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swissinfo.ch


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