Berne représentera Tbilissi à Moscou
La Suisse représentera les intérêts de la Géorgie en Russie. La ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey et son homologue géorgien ont officialisé le mandat lundi à Tbilissi.
Moscou avait déjà mandaté Berne pour défendre ses intérêts dans la capitale géorgienne. La diplomatie suisse assurera ainsi les relations dans les deux sens. Ces liens avaient été interrompus après le conflit de cet été en Ossétie.
Pour la Suisse, les mandats russe et géorgien sont «un honneur» et «la reconnaissance du professionnalisme de la Suisse», a affirmé Micheline Calmy-Rey. Pour elle, «c’est aussi la preuve que la reconnaissance rapide de l’indépendance du Kosovo n’a pas nui à la diplomatie suisse».
La Suisse exerce actuellement plusieurs de ces mandats, dits de «puissance protectrice». Elle représente les intérêts des Etats-Unis à Cuba et en Iran, les intérêts de Cuba aux Etats-Unis et ceux de l’Iran en Egypte.
Lundi matin, dans la neige et le froid, la ministre a pu se faire une idée de la situation dans la zone où avait éclaté le conflit. A Gori, à quelques kilomètres de l’Ossétie du Sud, elle a visité la mission d’observation de l’UE.
Or, les observateurs, qui devraient avoir accès à l’ensemble du territoire géorgien, ne peuvent actuellement pas pénétrer en Ossétie du Sud, la Russie ayant reconnu l’indépendance de la petite province.
Après sa visite à Gori, le convoi diplomatique a rejoint la petite ville de Karaleti, siège de la mission de l’OSCE, dont les observateurs pourraient devoir se retirer d’ici l’été, la Russie ayant refusé de prolonger leur mission.
Interrogée pour savoir si la Suisse allait adopter un rôle plus actif envers les deux parties, Micheline Calmy-Rey a répondu qu’une des tâches principales des mandats de puissance protectrice est de «maintenir les canaux de communication ouverts».
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