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L'Europe vole au secours de l'euro

Les ministres des Finances de la zone euro ont discuté onze heures avant de trouver un accord.

(Keystone)

Les ministres des Finances de l'Union européenne se sont mis d'accord à l'arrachée sur la mise en place d'un plan de secours pour aider les pays de la zone euro si nécessaire. Ils ont prévu une enveloppe pouvant aller jusqu'à 750 milliards d'euros.

Cette enveloppe sans précédent a été décidée dans la nuit de dimanche à lundi, à l'issue de plus de onze heures de tractations à Bruxelles entre ministres européens des Finances, convoqués en urgence.

Le mécanisme de ce plan, approuvé au préalable par les chefs d'Etat et de gouvernement des pays de la zone euro, vise à enrayer les risques de propagation de la crise de la dette grecque à d’autres pays souvent cités ces derniers temps pour leurs déficits publics. Le Portugal ou l'Espagne figurant à cet égard en première ligne.

«L'objectif principal de l'Ecofin (réunion des ministres des Finance de l’UE, ndlr.) était de mettre sur pied un mécanisme stabilisant la zone euro en particulier et de préserver la stabilité financière en Europe en général», a souligné la ministre espagnole des Finances Elena Salgado devant la presse à l'issue de cette réunion marathon.

«Nous sommes confrontés à une situation exceptionnelle et ce mécanisme qui l'est aussi restera en place aussi longtemps qu'il faudra préserver la stabilité financière» précise en substance le communiqué final des ministres.

Seulement en cas de nécessité

Dans le détail, 60 milliards de prêts seront apportés par la Commission européenne et 440 milliards par les pays de la zone euro. «Soit 500 milliards au total», a annoncé Elena Salgado. Le Fonds monétaire international (FMI) apportera aussi une contribution sous forme de prêts, pour un montant de jusqu'à 250 milliards d'euros, a-t-elle précisé, après avoir d'abord mentionné le chiffre de 220 milliards.

Le programme sera utilisé «seulement en cas de nécessité», a pour sa part précisé le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn. Il a précisé que l'octroi des prêts serait associé «à des conditions rigoureuses» à respecter par les pays concernés.

La Banque centrale européenne (BCE) a aussi pris des mesures «tout à fait significatives», a-t-il ajouté. Il a laissé entendre qu'elle devrait elle aussi prêter de l'argent aux Etats qui seraient dans le besoin en achetant leurs emprunts obligataires négociés sur les marchés. Une mesure tout à fait exceptionnelle pour l'institut de Francfort.

L'UE sous pression

Ce plan de secours a été élaboré dans la foulée de celui mis sur pied pour la Grèce. Le 1er mai dernier, les pays de la zone euro décidaient en effet de débloquer 100 à 120 milliards d'euros (entre 143 et 171 milliards de francs) sur trois ans en commun avec le FMI en contrepartie d’une cure d'austérité sévère de la part d’Athènes.

Depuis, l'Union européenne (UE) était néanmoins sous pression, la crise menaçant de prendre une dimension internationale. Dimanche, le président américain Barack Obama a d’ailleurs appelé la chancelière allemande Angela Merkel afin de réclamer «des mesures énergiques pour redonner confiance aux marchés.»

Auparavant, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel avaient publié un communiqué commun afin de «constater leur accord complet sur les mesures annoncées» face à la crise de la zone euro.

A Londres par contre, le ministre britannique des Finances Alistair Darling déclarait qu’il était opposé à un mécanisme qui exposerait la Grande-Bretagne, estimant que le financement d'un fonds d'urgence était de la responsabilité des pays de la zone euro.

La presse met en garde

Rendu public tôt à la fin de la nuit, le paquet d’aide à l’euro est déjà commenté par quelques journaux helvétiques lundi.

Le Tages Anzeiger par exemple se demande si les spéculateurs laisseront maintenant l’euro en paix. Constatant qu’il ne reste plus grand-chose de l’union monétaire bâtie sur des principes de stabilité, le journal zurichois souligne que «les pères de l’euro auraient interdit une telle aide.»

A Zurich encore, la Neue Zürcher Zeitung (NZZ) estime elle aussi que ce plan va à l’encontre des promesses et des principes de la zone euro. Et de craindre des «conséquences fatales», si des «emprunts peuvent être faits sous le couvert d’une garantie collective via les pays de la zone euro.»

Le quotidien romand Le Temps analyse aussi ce plan d'aide sur le ton de la mise en garde: «Le fait de payer, ou plutôt de permettre de continuer à emprunter, est en même temps un aveu de taille. L’aveu d’un abandon définitif des critères de stabilité, légitimant la spirale de l’endettement. Soit une hypothèque de taille pour les générations à venir», écrit-il.

swissinfo.ch et les agences

Les marchés euphoriques

Après l’annonce du mécanisme de soutien aux pays de la zone euro en difficulté, l’euro et les bourses européennes se sont envolés.

Lundi matin, les places financières européennes et asiatiques ont affiché des hausses allant de 4% à 11% après leur chute de la semaine dernière.

L'euro est quant à lui repassé au-dessus des 1,30 dollar lundi matin, affichant 1,3028 dollar, contre 1,2759 dollar vendredi soir.

Il avait atteint jeudi son plus bas niveau depuis mars 2009 à 1,2523 dollar.

La monnaie unique s’est aussi renforcée vis-à-vis du franc. L'euro a repassé la barre de 1,43 franc lundi, après avoir atteint un nouveau plancher historique jeudi de 1,40 franc.

Le plan de secours européen a aussi calmé le tourbillon des marchés obligataires, où le taux des obligations d'Etat grecques à 10 ans a enregistré une détente spectaculaire, revenant à son niveau d'il y a un mois.

Sur les places boursières enfin, les valeurs bancaires, qui avaient fortement chuté la semaine dernière profitent tout particulièrement du rebond, avec des hausses de plus de 15%.

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La BNS participe

Cinq banques centrales, dont la banque nationale suisse (BNS), vont mener une action concertée pour ramener la stabilité financière dans la zone euro.

La BNS, la Banque centrale européenne (BCE), et les banques centrales des Etats-Unis, du Canada et d'Angleterre ont annoncé qu'elles réactivaient temporairement les mécanismes d'échanges (swap) de devises entre elles pour permettre à l'Europe notamment de se procurer plus facilement des dollars. La Banque du Japon s’est associée à ces mesures.

Un tel dispositif avait été utilisé lors du déclenchement de la crise financière mondiale en 2007-2008.

Ces accords permettront d'améliorer les conditions de liquidité sur les marchés du financement en dollars américains et de prévenir la propagation des tensions sur d'autres marchés et centres financiers.

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