Pas plus de trois détenus de Guantanamo en Suisse
Selon Manfred Novak, la Suisse n'aurait à accueillir que deux ou trois anciens prisonniers de Guantanamo. Le rapporteur spécial de l'ONU sur la torture est chargé de trouver des pays d'asile pour une partie des détenus de la base américaine.
«Au total une centaine de prisonniers sont à la recherche de pays d’accueil», précise Manfred Novak dans un entretien au journal zurichois Tages-Anzeiger.
Selon le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, environ 200 détenus de Guantanamo seront libérés sans charge et la moitié d’entre eux doit trouver un Etat tiers pour des raisons de sécurité. Entre 60 et 80 prisonniers devraient, eux, passer devant les tribunaux américains.
«Si ces cent détenus sont répartis à travers le monde de manière proportionnelle par rapport aux populations, un petit pays devrait en accueillir tout au plus deux ou trois », ajoute l’expert indépendant.
Manfred Novak est directement impliqué dans la recherche de pays d’asile. En 2006, il a publié un rapport à ce sujet en collaboration avec quatre autres experts de l’ONU. «Depuis, je suis en contact avec plusieurs gouvernements afin qu’ils aident les prisonniers de Guantanamo déclarés non coupables », souligne l’Autrichien.
En Europe, quelques pays dont la Suisse ont déjà émis des signaux positifs à ce sujet. «La Confédération a certes refusé les demandes d’asile de trois ex-détenus de Guantanamo car dans leur cas, il ne s’agit pas de réfugiés au sens classique de la Convention de Genève», explique le rapporteur de l’ONU.
Avant d’ajouter : « Mais en ce qui concerne la procédure d’asile, il existe d’autres possibilités, par exemple le séjour pour raisons humanitaires. Dans ce cas, la décision se prend sur le plan politique. »
Manfred Novak rappelé que pendant la guerre en Bosnie, de nombreux pays et parmi eux la Suisse, avaient accueilli des dizaines de milliers de réfugiés pour un laps de temps déterminé.
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