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Une vision de compromis pour la sécurité nationale

Le système de milice n'est pas remis en cause dans la nouvelle stratégie de défense nationale.

(Keystone)

Le très attendu rapport sur la politique de sécurité nationale ne comprend aucune nouveauté de taille. Prié à deux reprises de revoir sa copie par ses collègues du gouvernement, le ministre de la Défense Ueli Maurer parle d’un «compromis typiquement helvétique».

«Ce rapport n’est peut-être pas spectaculaire, mais c’est un consensus raisonnable élaboré par un gouvernement collégial», a déclaré le ministre de la Défense lors d’une conférence de presse à Berne. Le document présenté jeudi semble porté par le souci de ménager la chèvre et le chou, ou plutôt les internationalistes, d’un côté, et les isolationnistes, de l’autre. Ces derniers mois, les deux camps se sont affrontés sur la place publique quant à la direction future à donner à l’armée suisse.

Contrairement à celui de 2000, le nouveau rapport ne vise plus à poser les bases d'une réforme mais à donner des impulsions à une armée en pleine mutation. Pour ce qui est des interventions à l'étranger, il souligne que le but reste d'augmenter les effectifs destinés à la promotion militaire de la paix.

Renforcement qualitatif

Mais dans le même temps, il relève que ce sera difficile - notamment par manque de candidatures - et plaide pour un renforcement qualitatif. «Oui, nous voulons accroître notre engagement dans la promotion de la paix», a martelé Ueli Maurer.

Le Conseil fédéral (gouvernement) devrait continuer de mener la même politique mais devra compter avec le Parlement, a expliqué Ueli Maurer. Les Chambres ont refusé la participation à l'opération Atalante – mission européenne anti-pirates au large de la Somalie –, et les cours de répétition à l'étranger, la collaboration avec l'Agence européenne de défense soulève des oppositions, a rappelé le ministre. Il faudra donc avancer pas à pas.

Le gouvernement prévoit de se focaliser sur certains domaines: transport aérien, prestations logistiques, transport terrestre ou dans les affaires sanitaires et le renseignement. L'engagement au Kosovo devrait se poursuivre mais sous une forme encore à définir.

Obligation de servir maintenue

La neutralité permanente et armée doit être maintenue. Mais elle «n'empêche nullement une coopération générale». L'adhésion à une alliance militaire comme l'OTAN reste exclue, la participation au Partenariat pour la paix n'en étant «en aucun cas l'antichambre». Un accord-cadre avec l'Union européenne pour les engagements de promotion de la paix est mis en avant.

Côté défense nationale, une attaque militaire est toujours donnée comme improbable actuellement mais pas totalement exclue à long terme. L'armée doit donc conserver les capacités nécessaires (minimum quantitatif, bon niveau qualitatif) pour rebondir le cas échéant.

Pas question toutefois d'élaborer à ce stade un concept de montée en puissance détaillé. Le gouvernement préfère que l'armée lui soumette chaque année une évaluation de la situation. Le Conseil fédéral ne voit aucune raison non plus de remettre en question le système de milice ou l'obligation de servir.

Peu d’évolutions

Le recentrage sur les interventions subsidiaires en faveur des autorités civiles est quant à lui réaffirmé. L'armée doit toutefois éviter de s'engager dans de telles missions sur le long terme. Les soldats de cours en répétition ne sont déjà plus engagés pour surveiller les ambassades.

Concernant la menace, de l'eau a coulé sous les ponts depuis le dernier rapport de 2000: mondialisation, attentats d'Al Qaïda, guerres en Afghanistan, en Irak et en Géorgie. De nouvelles précisions ont été apportées, notamment sur les menaces informatiques. Mais, dans l'ensemble, pour la Suisse «la situation n'a pas foncièrement changé», selon le rapport.

Les milieux impliqués auront une nouvelle fois l'occasion de s'exprimer lors d'une audition, avant que le Conseil fédéral n'adopte en juin le rapport définitif et le transmette au Parlement. Le gouvernement recevra parallèlement des mains d'Ueli Maurer un rapport spécifique sur l'armée ainsi qu'une note de discussion détaillée sur le remplacement de la flotte des avions de combat Tiger.

Maurer tient à ses Tiger

Le ministre de la Défense a également fait savoir que l’achat contesté de ces nouveaux avions reste en suspens mais qu’«il n’a pas été reporté». Ueli Maurer a assuré qu’il tenait personnellement à ces acquisitions. Le gouvernement devrait en discuter en juin, a précisé le conseiller fédéral. En mars, il a décidé qu'il voulait mener cette affaire parallèlement au rapport sur l'armée et à la version définitive du rapport sur la politique de sécurité.

«Je veux un nouvel avion, mais j'ai besoin de plus d'argent», a-t-il répété. Or l'on sait entretemps que l'achat de 22 nouveaux appareils ne coûtera pas 2,2 milliards comme prévu mais entre 3,5 et 5 milliards de francs, a-t-il détaillé.

L'achat de nouveaux avions de combat (Rafale, Gripen ou Eurofighter) a déjà fait couler beaucoup d'encre. Ueli Maurer souhaite le reporter, mais le Conseil fédéral n'a pour l'instant pas cédé à sa demande. Cette acquisition ne devrait apparaître au plus tôt qu'au programme 2011. Au départ, on évoquait le nombre de 33 engins.

swissinfo.ch et les agences

Non au service obligatoire

Minorité. Le système militaire actuel ne convainc plus la population suisse. Selon un sondage publié jeudi dans le magazine francophone «L'Hebdo», seuls 43,5% des Suisses sont favorables à l'obligation de servir. L'obligation de servir est désavouée aussi bien en Suisse francophone (seulement 32,3% d'avis positifs) que germanophone (47%).

Différences. Les femmes sont légèrement moins nombreuses à plébisciter le statu quo (40%) que les hommes (46,6%). Seuls les plus de 50 ans soutiennent encore le système actuel (53,3%). Chez les 18-34 ans et les 35-49 ans, la conscription récolte 37,6% d'avis favorables.

Professionnelle. Du côté des alternatives, les personnes interrogées penchent à 39,7% pour l'instauration d'une armée de métier. La suppression de l'armée n'en convainc que 14,6%.

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20 années de réforme

Pendant la Guerre Froide, les forces armées absorbaient environ un tiers du budget fédéral. Avec près de 700'000 soldats en activité, soit plus de 10% de la population, la Suisse, petit pays neutre, possédait l'une des plus grandes armées de toute l'Europe continentale.

Le 26 novembre 1989, quelques jours après l'effondrement du mur de Berlin, une initiative favorable à la suppression de l'armée était approuvée par un tiers des Suisses. Un choc pour la classe dirigeante, qui a depuis remis fondamentalement en cause la politique de défense nationale, ouvrant un chantier aujourd'hui encore inachevé.

Le premier grand projet de réforme, baptisé Armée 95, a mené à une réduction des effectifs à 400'000 unités dans la seconde moitié des années '90. Avec la réforme Armée XXI, entrée en vigueur en 2004, leur nombre est descendu à 120'000 soldats actifs et 80'000 réservistes. Le budget a été lui réduit à moins d'un dixième du total des dépenses fédérales.

La Confédération dépense actuellement environ 4,1 milliards de francs pour la politique de sécurité nationale, dont 3,7 milliards pour l'équipement et l'infrastructure de l'armée. Selon le ministre de la Défense Ueli Maurer, les forces armées devraient disposer de 500 à 700 millions supplémentaires pour s'acquitter de leur mandat.

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