Prison avec sursis pour le ténor de la Lega

Flavio Maspoli devait répondre de la faillite de ses entreprises. Keystone

Flavio Maspoli a été condamné mercredi à onze mois de détention avec sursis pendant deux ans.

Ce contenu a été publié le 13 novembre 2002 - 21:51

Le député de la Lega des Tessinois a été reconnu coupable de banqueroute frauduleuse et autres délits par la cour correctionnelle de Locarno.

Mercredi, au troisième jour de son procès, Flavio Maspoli, 52 ans, n'en menait pas large.

Personnage public s'il en est, habitué à parler et à faire parler de lui, le co-fondateur de la Lega montrait un profil plutôt bas. Dans la matinée, pendant la plaidoirie de son avocat, Me Riccardo Rondi de Locarno, Flavio Maspoli s'est à plusieurs reprises essuyé les yeux.

Dans la salle, quelques-uns de ses camarades de parti avaient pris place parmi le public. En revanche, son compère, Giuliano Bignasca n'est pas venu une seule fois le soutenir.

La présidente du tribunal correctionnel a adopté les thèses de l'accusation même si elle a admis les circonstances atténuantes telles que le repentir sincère.

Giovanna Roggero-Will a donc légèrement diminué la peine de seize mois avec sursis pendant quatre ans, requise mardi par le procureur Emanuele Stauffer.

Elle a reconnu le conseiller national de la Lega coupable de banqueroute frauduleuse, gestion déloyale, omission de la comptabilité et faux dans les documents.

Ces délits ont été commis dans le cadre de l'activité de Flavio Maspoli comme administrateur unique des sociétés «Deag» et «Medeag», intermédiaires de Denner au Tessin. Les faillites de ces sociétés ont laissé des découverts de plus de 5 millions de francs.

Défense désavouée sur toute la ligne


Dans le débâcle financier qui a causé la chute du prévenu, la juge a également reconnu la responsabilité de Karl Schweri, décédé en 2001. L'ancien patron de Denner n'a pas maintenu ses promesses et ses garanties de financement.

Et c'est sa politique commerciale qui a provoqué la faillite de «Deag», société chargée des acquisitions de produits italiens pour le compte de Denner.

«Flavio Maspoli savait ce qu'il faisait, ajoute toutefois, la présidente du tribunal. Il est assez intelligent pour comprendre la portée de ses actes.»

Le défenseur de Flavio Maspoli a été désavoué sur toute la ligne. Dans sa plaidoirie, prononcée mercredi matin, Me Riccardo Rondi a réfuté toutes les accusations hormis celles de gestion déloyale et de faux dans les documents.

L'avocat admet que son client a été victime d'ingénuité, de légèreté et de faiblesse dans la gestion de ses sociétés. Mais il réfute toute malhonnêteté.

Pour Me Riccardo Rondi, Flavio Maspoli n'a pas prélevé de l'argent à des fins personnelles comme l'affirme l'accusation. Et il a simplement a cru dans les promesses faites par le fondateur du groupe Denner, son ami Karl Schweri.

La fin d'une «descente aux enfers»

Ce procès marque la fin d'une «longue descente aux enfers» pour Flavio Maspoli.

«Je suis peut-être un mauvais commerçant, confesse le ténor de la Lega. J'ai été trop ingénu et je me suis fait rouler. Mais je ne suis pas un criminel. Je suis décidé à tourner la page et à m'en sortir.»

Quoi qu'il en soit, sa condamnation pourrait bien mettre un sérieux frein à ses ambitions politiques.

swissinfo/Gemma d'Urso à Lugano

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