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Le monde du snowboard en deuil

Gilles Voirol dans ses oeuvres. (Photo SP)

Le freerider jurassien Gilles Voirol ne dessinera plus de courbes sur la toile blanche. Il a été rattrapé par le 'slough' dans une pente des Rocheuses.

«Salut tout le monde…C’est complètement hallucinant! J’ai fait 30 descentes en deux jours…On repart en hélico dans 20 minutes. Je rentre lundi. Gros becs à vous. Gilles.»

Ce message télégraphique, c’est le dernier que le snowboarder de Court, dans le Jura, a envoyé à sa famille, vendredi, quelques heures avant son accident.

Le décès de Gilles Voirol a provoqué un véritable choc chez les professionnels du snowboard. Francine Moreillon, son amie de toujours, et adepte du freeride elle aussi, lui rend hommage.

«Il était parti au Canada le 2 avril, explique Francine Moreillon. Il devait y tourner un film sur la glisse et y faire des photos pour son sponsor.»

Et l’amie de Gilles de poursuivre: «Il avait dû patienter une bonne semaine, jusqu’au retour du beau temps, pour pouvoir découvrir toute la magie des montagnes de la Colombie Britannique, pour pouvoir exprimer tout son talent sur les pentes de Bella Coola».

Rien d’une tête brûlée

«Gilles, raconte encore Francine Moreillon, avait pour habitude de comparer la montagne à une toile vierge sur laquelle il traçait ses lignes comme on esquisse un tableau.»

Le champion venait tout juste de fêter ses 27 ans et sept années de professionnalisme. «Il calculait tous les dangers, assure son amie. Il n’avait rien d’une tête brûlée.»

Si l’on en croît le photographe Jansci Hadik et tous ceux qui étaient présents sur le tournage, la descente de la pente vertigineuse (60 degrés) s’est parfaitement bien déroulée.

Seulement voilà, perfectionniste comme il l’était, Gilles a tenu à la refaire. Et c’est cette deuxième descente qui lui a été fatale.

Victime du «slough»

«Lorsque vous descendez une pente très raide comme celle de Bella Coola, explique Francine Moreillon, le danger vient de ce que l’on appelle le ‘slough’. Autrement dit, de la couche supérieure de poudreuse qui se détache et vous poursuit.»

Bien connue de tous les glisseurs hors piste, cette vague de neige prend vite de l’ampleur si la pente est de 60 degrés ou plus. Mais, en général, les freeriders savent parfaitement bien s’en sortir.

«Vous devez être plus rapide et plus malin que le ‘slough’, dit l’amie de Gilles. Ainsi, dans un couloir très raide, on n’emprunte jamais une trace qui va droit dans la ligne de pente. On louvoie pour éviter cette vague de neige.»

«Il est parti heureux»

Mais, d’après le photographe Jansci Hadik, Gilles Voirol a eu une toute petite seconde d’hésitation avant un virage. Suffisamment pour que le «slough» l’emporte.

Une erreur qui lui a coûté la vie. «Gilles, confirme Francine, s’est cogné la tête contre des rochers. Or, il ne portait pas de casque.»

Et de conclure:«Le freeride était la passion de Gilles, son choix, sa liberté. Séchons nos larmes et pensons plutôt à son bonheur des derniers instants. Car il est parti heureux.»

swissinfo/ Jean-Louis Thomas

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