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La galère d’un expat suisse au temps de la pandémie

Décrété fin mars pour contenir, officiellement, la pandémie, l’état d’urgence en Thaïlande vient d’être prolongé jusqu’à la fin du mois d’août. S’y soustraire peut conduire en prison. Keystone / Narong Sangnak

Des ressortissants de la Cinquième Suisse ont écopé parfois de lourdes amendes voire de peines de prison pour n’avoir pas respecté les mesures de confinement de leur pays d’accueil. C’est l’histoire d’un Valaisan établi en Thaïlande.

Ce contenu a été publié le 07 août 2020 - 09:34
Olivier Grivat

«Je m‘appelle Florian Urfer et je vis avec ma femme thaïlandaise sur l’île de Koh Chang depuis 10 ans. Je suis inscrit à l’ambassade de Suisse à Bangkok comme expatrié», écrit en avril dernier ce quadragénaire valaisan aux services consulaires suisses. «Nous affrontons un sérieux problème avec la justice thaïlandaise. Nous encourons deux mois de prison ferme, ma femme et moi, pour non-respect du couvre-feu.»

Comment le couple Urfer en est-il arrivé là dans un pays de 70 millions d’habitants qui compte à peine 128 cas positifs, dont 58 mortels? «Nous nous sommes fait arrêter devant notre maison à 22 h 20, alors que nous étions assis sur le pas de porte en mangeant une soupe thaïe après une journée de labeur. La police touristique est passée par là. Nous avons été emprisonnés une nuit et nous avons dû payer une caution de 80’000 baths (environ 2'660 francs, soit un salaire annuel moyen) pour être libérés provisoirement», raconte cet ancien joueur de l’équipe nationale de volleyball. «Nous devions nous rendre le 12 mai à la Cour de justice de la province de Trat pour accomplir une peine de deux mois de prison fermes, mais la sentence a été suspendue suite à notre recours».

Après avoir créé l’association suisse Sportbuddies ainsi qu’un campus sportif à Koh Chang mis à la disposition gratuitement de la population locale, Florian Urfer est en attente d’une décision de justice. Tout comme sa femme thaïlandaise, qui tient une boutique d’objets manufacturés sur cette île aux eaux limpides prisée des touristes.

Florian Urfer et son épouse risquent deux mois de prison pour n'avoir pas respecter le couvre-feu décrété par le gouvernement thaïlandais. DR

En attendant, leurs passeports suisses ont été saisis par les juges de la province située à 3 heures de voiture de Bangkok. Récemment, ils ont appris que la décision pourrait prendre 6 à 8 mois: «Personnellement, la prison ne me fait pas peur, mais ma femme ne va pas supporter», craint le sportif qui parle thaïlandais.

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Consulat suisse désolé

«Désolé pour les difficultés rencontrées avec les autorités locales», lui a répondu Pierre Chabloz, consul général à Bangkok, tout en lui suggérant de contacter un bureau d'avocats recommandés par l’ambassade, «sans garantie de succès».

Afin d’endiguer la propagation du coronavirus, le gouvernement thaïlandais a déclaré l’état d’urgence le 26 mars et un couvre-feu national depuis le 3 avril, chaque nuit de 22 h à 4 h du matin. Au niveau local, plusieurs provinces ont ordonné des restrictions de passage aux frontières, l’obligation de porter un masque en extérieur et la fermeture de nombreux commerces et hôtels. «Vous devez vous conformer strictement aux instructions des autorités. Toute violation est sévèrement punissable. Nous sommes tous des invités en Thaïlande. Nous vous recommandons de toujours suivre les instructions. Informez-vous sur les instructions du gouvernement et des médias locaux concernant les mesures qui changent régulièrement», avertit l’ambassade suisseLien externe.

«Aide-toi, Berne t’aidera»

Plus de 40'000 personnes ont été arrêtées en Thaïlande pour non-respect des règles de confinement. Combien de Suisses? Le Département des affaires étrangères ne tient pas de statistique, mais a connaissance «d’un certain nombre de cas». Et le ministère de préciser: «La Suisse ne peut interférer dans une procédure judiciaire en cours dans un État tiers. La protection consulaire n’intervient qu’à partir du moment où la personne concernée a fait tout ce que l’on pouvait raisonnablement attendre d’elle pour se sortir d’une situation de détresse en s’organisant et en se procurant les moyens financiers nécessaires. Nul ne peut revendiquer un droit aux prestations d’aide de la Confédération».

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