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Pollution: le trafic aérien mis en cause

En Suisse, la pollution due au trafic aérien est particulièrement élevée. Keystone

Treize pour cent des émissions de CO2 de la Suisse sont imputables au trafic aérien, selon une étude du Fonds national de la recherche scientifique (FNRS). Et cette proportion devrait passer à un tiers dans vingt ans.

Les scientifiques tirent ainsi la sonnette d’alarme. Ils regrettent «l’absence, ou presque, de mesures», particulièrement au niveau international. Ils vont même plus loin dans leur mise en garde. Selon eux, l’ensemble des gaz émis par les avions auraient des conséquences sur l’environnement deux à quatre fois supérieures à celles du seul CO2.

Ces chiffres sont à mettre en parallèle avec d’autres. Les avions produiraient uniquement 2,5 pour cent du CO2 émis par l’homme dans le monde entier. Les Suisses sont donc bien au-dessus de cette moyenne, eux qui effectuent 25 pour cent de leurs déplacements totaux en avion.

Les transporteurs aériens l’admettent: leur trafic a augmenté, et les nuisances avec. Mais selon Jean-Claude Donzel, porte-parole de SAirGroup, les compagnies helvétiques font déjà leur possible. Elles développent des systèmes pour diminuer la consommation de carburant.

Les auteurs de l’étude, présentée vendredi, ne remettent d’ailleurs pas ces efforts en cause. Leurs regards se tournent ailleurs: «il faut une réflexion globale, des mesures internationales», résume Walter Ott. Du reste, le Conseil fédéral et l’administration ont reçu le mandat des
Chambres fédérales de s’engager sur ce plan.

Mais, on est encore loin d’avoir trouvé une solution. L’aviation n’est comprise ni dans la Convention climatique, ni dans le Protocole de Kyoto.

En effet, les avions traversent plusieurs frontières et transportent des passagers du monde entier. A quel pays faut-il dès lors attribuer les émissions polluantes? Ce problème politique doit encore être tranché.

La Convention climatique a tout-de-même estimé que les mesures à adopter doivent l’être au niveau international. «C’était un signal très fort envoyé à l’Organisation de l’aviation civile internationale, pour qu’elle augmente son travail dans ce secteur», explique José Romero, adjoint scientifique à l’OFEFP.

Selon Walter Ott, il faudrait tout d’abord évaluer, et chiffrer la situation. Dans un deuxième temps, des stratégies pourraient être formulées. Concrètement, José Romero estime que les routes aériennes devraient être étudiées pour utiliser au mieux les vents. Il faudrait par ailleurs améliorer les moteurs.

Caroline Zuercher


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