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Le modèle dit "Aarhus" expliqué à Simonetta Sommaruga

KEYSTONE/EJPD/GUIDO BALMER

(sda-ats)

La Suisse s'intéresse au modèle danois de "déradicalisation" des jeunes candidats au djihad. Simonetta Sommaruga était au Danemark vendredi pour disséquer le modèle dit "Aarhus".

La cheffe du département fédéral de justice et police (DFJP) s'est rendue dans la matinée à Aarhus, sur la côte est, la seconde ville du pays, où des travailleurs sociaux et des spécialistes de la protection de la jeunesse ainsi que des policiers ont rendu compte à la conseillère fédérale de leur travail quotidien en compagnie de jeunes exposés au djihadisme ou à l'extrémisme violent.

Mme Sommaruga s'est dite impressionnée par le travail sur place ainsi que le nombre d'acteurs engagés dans ce processus, qui complète l'arsenal pénal en vigueur, selon un communiqué du DFJP.

"Cette collaboration est essentielle pour engager une action rapide, avant que ne doivent intervenir les autorités de poursuite pénale", a estimé la conseillère fédérale. "En Suisse aussi, a-t-elle dit, il est important de mobiliser tous les services compétents dans tous les secteurs de la société et à tous les niveaux de l'Etat".

André Duvillard, le délégué du Réseau national de sécurité, l'accompagnait dans ce voyage d'étude alors que la Suisse se cherche un modèle pour mieux traiter du retour d'éventuels djihadistes, en collaboration avec les cantons, les villes et les communes.

Le délégué de la Confédération et des cantons avait indiqué à fin 2016 qu'un "encadrement était absolument indispensable" en Suisse.

Seconde chance

Le Danemark s'est doté depuis octobre d'un nouveau plan d'action qui fait le pari de la réintégration des jeunes inspirés par le djihad, plutôt que le tout répressif. De retour de Syrie ou d'Irak, ils se voient offrir la possibilité de retourner à l'école, de trouver un logement ou de prendre langue avec un mentor ou un psychiatre.

Les autorités danoises privilégient cette méthode dite d'une "deuxième chance", laquelle leur permet aussi de garder un oeil sur les jeunes en phase de "déradicalisation".

Ce modèle dit "Aarhus" inspire plusieurs pays européens. A noter toutefois que les outils répressifs ont également été renforcés ces dernières années au Danemark.

Nouvelles normes

Ce modèle danois date déjà de 40 ans pour lutter de manière générale contre la criminalité. Mais depuis 2009, un plan spécifique contre la radicalisation a été mis sur pied. Il englobe toute une série de mesures notamment dans les écoles mais aussi dans les prisons.

Simonetta Sommaruga a aussi consulté vendredi après-midi à Copenhague son homologue danois Soren Pape Poulsen. Les deux ministres ont convenu que l'extrémisme violent et le terrorisme requièrent aujourd'hui une adaptation régulière du cadre législatif.

Des normes sont par exemple nécessaires pour empêcher une personne de quitter le territoire en lui retirant ses documents de voyage ou pour agir contre la diffusion de propagande sur Internet.

Mme Sommaruga a également pu prendre langue avec le service de renseignement danois. Une visite à la prison de Vester Faengsel à Copenhague était enfin au programme de cette visite.

Copenhague frappé en 2015

A l'instar de la situation actuelle en Suisse, le nombre de djihadistes au Danemark n'est en rien comparable à la situation qui prévaut en France, en Belgique ou en Grande-Bretagne par exemple.

Mais à la différence de la Suisse, le Danemark a été frappé en 2015 par un double attentat terroriste visant une conférence sur la liberté d'expression - où s'exprimait notamment un caricaturiste - et une synagogue de Copenhague.

Un Danois d'origine palestinienne de 22 ans avait tué le 14 février de cette année-là deux personnes et blessé cinq policiers. Le tueur avait fait allégeance au groupe Etat islamique sur sa page Facebook avant d'être abattu le lendemain de l'attentat.

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ATS