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L'arrestation surprise du couple, la semaine dernière dans les Vosges, avait relancé l'affaire, jamais élucidée depuis la découverte du garçon de quatre ans, pieds et poings liés dans les eaux de la Vologne, le 16 octobre 1984.

KEYSTONE/AP

(sda-ats)

Nouveau coup de théâtre dans l'affaire Grégory: Marcel et Jacqueline Jacob, mis en examen et écroués vendredi, ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire mardi. Cette décision représente un sérieux revers pour l'accusation.

"La chambre de l'instruction (de la cour d'appel de Dijon, NDLR) a entendu nos arguments sur la faiblesse des charges, quand je dis la faiblesse je pourrais dire l'inexistence des charges qui pesaient sur les époux Jacob", a déclaré devant la presse, au sortir du palais de justice, Me Stéphane Giuranna, qui défend Marcel Jacob, 72 ans.

Cette décision, d'application immédiate, constitue un sérieux revers pour les enquêteurs et le parquet général qui avait requis le maintien en détention. "C'est une défaite aujourd'hui pour le procureur général et pour la partie civile que je suis", a reconnu sur BFMTV Me Thierry Moser, l'avocat des époux Villemin, parents de l'enfant retrouvé mort dans la Vologne le 16 octobre 1984.

Les deux époux Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory, ne retourneront pas chez eux dans les Vosges mais vivront séparément à des adresses tenues secrètes dans le cadre de leur contrôle judiciaire, "sévère" mais "extrêmement provisoire", selon Me Giuranna.

Ils "ont vécu un cauchemar"

"Aujourd'hui il s'agissait d'une vraie audience contradictoire", a souligné l'avocat. La cour qui a statué sur la détention mardi était composée de la présidente de la chambre, la juge Claire Barbier qui mène par ailleurs l'instruction, et de deux assesseurs, alors que vendredi dernier la magistrate avait statué seule.

"La cour a pris en considération les éléments que nous avons apportés ce week-end, à savoir les adresses secrètes, une interdiction absolue pour les époux Jacob de communiquer avec les médias, sans quoi leur placement en détention provisoire pourrait être immédiatement réordonné", a précisé l'avocat. Les deux septuagénaires "ont vécu un cauchemar" depuis leur arrestation mercredi dernier, selon lui.

"Aujourd'hui, ils recouvrent la liberté, il sont fous de joie, ils vous (les médias, NDLR) demandent simplement de préserver leur contrôle judiciaire et leur intimité", a-t-il dit. Le couple, qui devra pointer régulièrement dans un commissariat également tenu secret, sera à nouveau convoqué par la juge d'instruction "pour être entendu sur le fond" de l'affaire.

Ces mises en cause, qui ont relancé une affaire restée mystérieuse, près de 33 ans après les faits, ne signifiaient pas qu’ils aient eux-mêmes tué l’enfant, avait indiqué le procureur général de Dijon, Jean-Jacques Bosc.

ATS

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