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Le personnel d'Alitalia a rejeté à 67% un plan prévoyant 1700 suppressions d'emplois et une baisse de salaire de 8% (archives).

KEYSTONE/EPA ANSA/TELENEWS

(sda-ats)

Les actionnaires du groupe Alitalia ont voté mardi à l'unanimité la mise sous administration extraordinaire de la compagnie. Les salariés ont rejeté, par referendum, un plan de restructuration proposé par la direction.

"L'assemblée des actionnaires réunie aujourd'hui a pris acte, avec grand regret, de l'issue du référendum parmi ses salariés qui a de fait exclu la réalisation de la relance et de la restructuration de l'entreprise", indique la compagnie dans un communiqué.

"Les vols et les activités d'Alitalia ne subiront aucune modification et se poursuivront selon le programme prévu", précise le texte.

Lors d'un référendum organisé du 20 au 24 avril, auquel près de 90% des 12'500 salariés de la compagnie ont participé, le personnel a rejeté à 67% un plan prévoyant 1700 suppressions d'emplois et une baisse de salaire de 8%.

Concurrence des low-cost

Alitalia subit de plein fouet la concurrence des compagnies à bas coût et accumule les pertes depuis des années, malgré l'entrée à son capital en 2014 de la compagnie émiratie Etihad. Les caisses de la compagnie sont désormais à sec.

Les actionnaires italiens et Etihad avaient indiqué être disposés à financer le plan industriel à hauteur de deux milliards d'euros (2,15 milliards de francs), à condition toutefois qu'il soit validé par le personnel.

Etihad a exprimé sa "déception", soulignant soutenir la décision de placer Alitalia sous administration extraordinaire.

"Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour soutenir Alitalia en tant qu'actionnaire minoritaire mais il est clair que la compagnie a besoin d'une restructuration en profondeur et sur une vaste échelle pour survivre et pouvoir croître à l'avenir", a déclaré James Hogan, le patron d'Etihad, dans un communiqué.

"Nous ne sommes pas prêts à continuer à investir sans le soutien de tous les actionnaires. Nous soutenons donc la nécessaire décision du conseil d'administration d'Alitalia de demander l'administration extraordinaire", poursuit M. Hogan.

"Nous sommes déçus du fait qu'en dépit des investissements significatifs d'Etihad, avec les autres actionnaires, dans Alitalia, la compagnie n'ait pas réussi à poursuivre son parcours" de relance, ajoute le communiqué.

Conseil des ministres

Prévue par la loi italienne, la procédure de mise sous administration extraordinaire prévoit que le gouvernement nomme un ou plusieurs administrateurs chargés de déterminer si l'avenir de la compagnie passe par sa vente totale ou partielle, ou si elle doit être démantelée.

Un conseil des ministres est prévu à 18h00 pour procéder à la nomination des administrateurs. Il pourrait également décider le versement d'un prêt relais de plusieurs centaines de millions pour permettre à la compagnie de voler pendant les six prochains mois.

En vertu de la loi italienne, le ou les administrateurs nommés par le gouvernement ont six mois pour présenter un plan de relance ou de liquidation de la compagnie.

ATS

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