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Des experts turcs évacuent une victime de l'attaque "chimique" attribuée au régime syrien.

KEYSTONE/AP DHA-Depo Photos

(sda-ats)

Un commandant rebelle syrien a réfuté mercredi les affirmations russes selon lesquelles la contamination aux gaz observée mardi est due à des fuites provenant d'un dépôt d'armes chimiques appartenant aux rebelles et bombardé par les forces gouvernementales syriennes.

Hassan Hadj Ali, commandant de l'Armée libre syrienne, a assuré qu'aucune position militaire rebelle n'avait été visée mardi lors de l'attaque incriminée dans le village de Khan Cheikhoune. "Tout le monde a vu l'avion quand il a largué les gaz", a-t-il dit à Reuters.

"Tous les civils de la zone savent qu'il n'y a aucune position militaire ici ou emplacement de fabrication (d'armes). Les différentes composantes de l'opposition ne sont pas capables de produire ces substances", a-t-il ajouté, qualifiant les déclarations russes de mensonge.

Armes destinées à l'Irak

Le ministère russe de la défense avait indiqué plus tôt que, "selon les données objectives du contrôle russe de l'espace aérien, l'aviation syrienne a frappé (...) un grand entrepôt terroriste". L'entrepôt abritait "un atelier de fabrication de mines artisanales, avec des substances toxiques", a-t-il ajouté, sans préciser si l'aviation syrienne avait connaissance de son contenu.

"L'arsenal d'armes chimiques" était destiné à des combattants en Irak a ajouté le ministère, qualifiant ses informations d'"entièrement fiables et objectives". L'utilisation de cet arsenal "par des terroristes a été à plusieurs reprises prouvé par des organisations internationales ainsi qu'aux autorités officielles" de l'Irak.

L'armée russe ne précise donc pas si le régime syrien avait connaissance de la présence d'armes chimiques et surtout pointe de fait la responsabilité des "terroristes" en les accusant de détenir des armes chimiques.

Au moins 72 civils ont été tués, dont 20 enfants, le corps saisi de convulsions et peinant à respirer sous leurs masques à oxygène, dans un raid aérien mené sur Khan Cheikhoun, un fief rebelle et djihadiste du nord-ouest syrien.

Vague de condamnations

L'opposition syrienne a la première accusé le "régime du criminel Bachar" d'avoir perpétrée cette attaque, avec des "obus" contenant du "gaz toxique", et a appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à ouvrir immédiatement une enquête.

Washington, Londres et Paris ont également accusé Damas. Ils ont proposé au Conseil de Sécurité des Nations unies une résolution condamnant cette attaque. Selon des diplomates, un vote devrait se tenir dès mercredi. Damas nie toute implication et incrimine les rebelles.

"Ces événements horribles montrent malheureusement que des crimes de guerre continuent (d'être commis) en Syrie et que le droit humanitaire international est violé fréquemment", a de son côté affirmé le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres en arrivant à une conférence internationale sur la Syrie à Bruxelles.

ATS

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