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La foule s'étendait sur une grande esplanade en bord de mer, près de la prison de Maltepe où est incarcéré Enis Berberoglu.

KEYSTONE/EPA REPUBLICAN PEOPLE'S PARTY/REPUBLICAN PEOPLE'S PART

(sda-ats)

Des centaines de milliers de personnes se sont réunies dimanche à Istanbul pour le meeting marquant la fin de la "marche pour la justice". Parti d'Ankara, le chef de l'opposition a marché environ 450 km pour protester contre l'incarcération d'un élu de sa formation.

"Que personne ne pense que cette marche est la dernière", a déclaré à la foule Kemal Kiliçdaroglu, chef du Parti républicain du peuple (CHP) au terme de 25 jours de marche. "Le 9 juillet est une nouvelle étape, (...) une nouvelle naissance."

La foule s'étendait sur une grande esplanade en bord de mer, près de la prison de Maltepe où est incarcéré Enis Berberoglu. Ce député CHP a été condamné à 25 ans de prison pour avoir fourni au journal d'opposition Cumhurriyet des informations confidentielles.

"Justice" comme seul mot d'ordre

Kemal Kiliçdaroglu, qui avançait sans insigne partisan et avec "Justice" comme seul mot d'ordre, a rallié une foule croissante tout au long de sa marche. Il a attiré des milliers d'opposants au président Recep Tayyip Erdogan.

Selon le CHP, plus de deux millions de personnes étaient réunies dimanche soir, mais ces chiffres ne pouvaient être vérifiés dans l'immédiat. D'habitude, seul le président Erdogan parvient à rallier de telles foules à ses meetings.

"Nous avons marché pour la justice, nous avons marché pour le droit des opprimés, nous avons marché pour les députés emprisonnés, nous avons marché pour les journalistes incarcérés, nous avons marché pour les universitaires limogés", a clamé cet homme de 68 ans.

L'opposition dénonce une dérive autoritaire du président turc, notamment depuis l'adoption par référendum en avril d'un renforcement de ses pouvoirs et depuis les purges effectuées après la tentative de putsch il y a un an : environ 50'000 personnes ont été arrêtées et plus de 100'000 limogées ou suspendues de leurs fonctions.

"Régime d'un seul homme"

"Nous avons marché parce que nous nous opposons au régime d'un seul homme", a poursuivi M. Kiliçdaroglu. "Nous avons marché parce que le pouvoir judiciaire est sous le monopole de l'exécutif."

M. Erdogan, lui, a accusé M. Kiliçdaroglu de se ranger du côté des "terroristes" et l'a même mis en garde contre une possible convocation judiciaire.

Sécurité assurée

Tout au long de son périple de 450 km entamé le 15 juin, le chef de l'opposition se reposait le soir dans une caravane, après des journées où il avançait d'un bon pas, selon des témoins.

Le gouvernement a considéré cette marche avec mépris. Le Premier ministre Binali Yildirim a estimé vendredi qu'elle commençait "à devenir ennuyeuse". "Cela doit prendre fin après le rassemblement", a-t-il dit.

Mais les autorités ne l'ont pas empêchée pour autant. Et la police en a assuré la sécurité chaque jour.

ATS