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"On a un agenda extrêmement large à discuter" à propos de "la lutte contre le terrorisme, l'économie, les sujets climatiques et énergétiques", a déclaré Emmanuel Macron au début de son entretien avec Donald Trump, à l'ambassade des Etats-Unis.

KEYSTONE/EPA AP POOL/PETER DEJONG/POOL

(sda-ats)

Une poignée de main ferme, des félicitations et du "pragmatisme": Emmanuel Macron et Donald Trump se sont rencontrés jeudi à Bruxelles pour un déjeuner de travail consacré à l'accord international sur le climat et aux crises internationales.

"Vous avez mené une campagne incroyable et remporté une formidable victoire", a déclaré Donald Trump, 70 ans, à son homologue de 39 ans, l'un des plus jeunes dirigeants de la planète et encore inconnu à l'international il y a quelques mois.

"Je suis très heureux de pouvoir, ensemble, changer beaucoup de choses", a répondu le président français.

Terrorisme, Syrie, climat

A l'issue de la rencontre, le président français a fait état d'un "long échange", "extrêmement direct et très franc", avec "une volonté affichée de renforcer notre partenariat et notre coopération en matière de lutte contre le terrorisme".

Les deux dirigeants ont également évoqué la crise syrienne - "mon souhait est que nous puissions ensemble réussir à associer toutes les parties prenantes de ce conflit pour construire une feuille de route diplomatique inclusive et je crois que (Donald Trump) partage cette vue" - et le climat.

Sur ce dernier thème, l'application de l'accord de Paris conclu en 2015 a été remise en question par le président étasunien. Ce dernier a promis pendant la campagne présidentielle de "l'annuler" avant de finalement se raviser.

Il a indiqué qu'il rendrait sa décision au retour du sommet du G7, qui se tient vendredi et samedi en Sicile. Emmanuel Macron lui a demandé d'éviter une "décision précipitée".

Pas "eurobéat"

Le président français, qui s'est toujours revendiqué comme un Européen convaincu, s'est par ailleurs défendu d'être un "eurobéat" lors de sa première visite présidentielle à Bruxelles. Il répondait à une question sur la directive européenne sur les travailleurs détachés, dont la France demande avec insistance la révision.

"Je vous le confirme, vous aurez un allié sur tout ce qui rend plus forte l'Europe, sur tout ce qui la rend plus intelligible pour nos concitoyens", a déclaré le nouveau chef de l'Etat français lors d'un point de presse au côté du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

"Je salue le travail de la Commission sur la directive détachement des travailleurs", a en outre dit M. Macron. Mais "je souhaite qu'on puisse aller plus loin, en particulier sur les modalités du contrôle" de la bonne application des règles. "Sinon, on a une Europe qui devient incompréhensible pour nos citoyens, qu'on ne peut plus défendre", a-t-il fait valoir.

Un travailleur détaché est une personne issue d'un pays membre de l'UE, chargé par son employeur d'exercer ses fonctions dans un autre pays de l'UE, pour une durée déterminée. Face à certains abus, la Commission a proposé en 2016 une révision de la directive sur le détachement, visant à aligner les conditions des travailleurs détachés sur celles des travailleurs locaux.

Jean-Claude Juncker a affirmé qu'"il ne devrait pas y avoir de place pour la sous-enchère sociale en Europe, pas plus que fiscale". "J'ai acquis la conviction que le nouveau président français sera, je ne dirais pas un complice mais un allié de la Commission pour tout ce qui relève de l'Europe et de son intégration future"", a-t-il ajouté.

Avec Erdogan, Syrie au menu

Peu avant sa rencontre avec Donald Trump, M. Macron a rencontré le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont les relations avec l'UE se sont dégradées depuis la tentative de coup d'Etat du 15 juillet dernier et la vague d'arrestations qui a suivi.

Les deux chefs d'Etat se sont accordés "pour travailler ensemble sur la lutte contre le terrorisme dans toutes ses formes. Ils ont souhaité renforcer leurs consultations sur la Syrie", a-t-on précisé dans l'entourage d'Emmanuel Macron.

De même source, on ajoute que ce dernier a mis sur la table le sort du photojournaliste français Mathias Depardon, arrêté le 8 mai dans le sud-est de la Turquie et qui a entamé depuis plusieurs jours une grève de la faim. "Le président turc a indiqué qu'il examinerait rapidement sa situation", dit-on encore.

ATS

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