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Conformément à la demande de la direction de Credit Suisse, le conseil d'administration proposera aux actionnaires d'approuver une part variable à court terme de 17,01 millions de francs pour les directeurs généraux de la banque. Auparavant, cette somme atteignait 26 millions (photo prétexte).

KEYSTONE/WALTER BIERI

(sda-ats)

Face à la fronde de certains actionnaires, Credit Suisse actualise son rapport sur les rémunérations. Selon le document, le salaire du patron du numéro deux bancaire helvétique, Tidjane Thiam, passe de 11,9 à 10,24 millions de francs. Ethos maintient son rejet.

Conformément à la demande de la direction de l'établissement présentée vendredi, le conseil d'administration proposera le 28 avril aux actionnaires de la banque d'approuver une part variable à court terme de 17,01 millions de francs pour ses directeurs généraux, ressort-il du document actualisé mardi. Auparavant, cette somme atteignait 26 millions.

Quant au bonus venant récompenser la performance à long terme, celui-ci passe désormais à 31,2 millions de francs, contre 52 millions il y encore quelques jours. "Dans l'environnement actuel et au vu du ressenti sur les questions de rémunération, le conseil d'administration comprend la décision du CEO et du directoire", résume le responsable du comité de rémunération, Jean Lanier, dans une lettre aux actionnaires.

La rémunération prévue pour le conseil d'administration entre l'assemblée générale ordinaire de 2017 et celle de 2018 a de son côté été revue à la baisse à 12 millions de francs, contre 12,5 millions initialement prévus. Le nouveau rapport de rémunération souligne que le vote des actionnaires sur les rémunérations est désormais contraignant.

Possibilité de voter à nouveau

Les actionnaires s'étant déjà prononcés sur ces objets par voie électronique pourront en conséquence modifier jusqu'au 25 avril leurs choix initiaux, moyennant la demande d'un nouveau formulaire. Les autres points à l'ordre du jour de la prochaine réunion ordinaire des propriétaires de Credit Suisse demeurent inchangés.

Pour mémoire, plusieurs actionnaires ou sociétés de conseil aux actionnaires, dont les américaines ISS et Glass Lewis ainsi que la fondation genevoise Ethos, ont émis des réserves et recommandé le rejet du rapport sur les rémunérations. Elles ont jugé les montants trop élevés au regard de la lourde perte de 2,71 milliards de francs essuyée l'an dernier, après un débours de 2,94 milliards en 2015.

Réagissant à la publication du rapport révisé, ISS a salué dans un communiqué un pas dans la bonne direction. Toutefois, ISS fait part de lacunes de la part du conseil d'administration quant à l'ensemble du processus de fixation des rémunérations.

Jugeant lacunaire la prise en considération des intérêts des actionnaires de l'établissement de la Paradeplatz, ISS maintient en conséquence son opposition au rapport sur les rémunérations. Accepter ce dernier reviendrait à valider la politique de la banque en la matière, alors que ses dirigeants y ont dérogé de manière volontaire.

Copie à revoir

Un rejet en assemblée générale obligerait le conseil d'administration à revoir sa copie en profondeur, estime le cabinet d'outre-Atlantique. Glass Lewis salue pour sa part sur son blog un geste fort. L'aspect précipité de cette décision laisse toutefois augurer d'un renouvellement de la stratégie de fidélisation des actionnaires.

Ethos, de son côté, a annoncé maintenir ses recommandations de vote. La fondation genevoise prend "bonne note" de la volonté de Credit Suisse de réduire la rémunération variable de la direction générale de 40% et de garder inchangés les honoraires du conseil. Les mesures apparaissent toutefois insuffisantes pour Ethos, qui met les rémunérations en miroir avec les pertes de 2015 et de 2016.

Ethos maintient en outre sa demande de non-réélection du président du conseil d'administration Urs Rohner et du vice-président Richard Thornburgh. Une décision justifiée par le bilan "loin d'être bon" d'Urs Rohner et son soutien à la stratégie d'expansion importante de la banque d'affaires qui a mené à des pertes massives.

Par ailleurs, les deux hommes faisaient partie de la direction entre 2005 et 2007, "années durant lesquelles la banque a vendu des produits financiers toxiques". Des pratiques qui ont valu à Credit Suisse une condamnation à verser 5,3 milliards de dollars (5,3 milliards de francs au cours actuel) d'amende et dédommagements aux Etats-Unis.

Pression aussi sur le titre

Le fonds Harris Associates, un des principaux actionnaires de Credit Suisse, s'était en revanche prononcé en faveur de toutes les propositions initiales du conseil d'administration. A la lumière des concessions du conseil d'administration de la banque, les analystes de Vontobel anticipent une assemblée générale plus calme.

Reste que l'accalmie ne semblait elle pas de mise du côté des investisseurs. A la Bourse suisse, le titre de l'établissement aux deux voiles a plongé de 1,67% à la clôture à 14,16 francs, alors que l'indice des valeurs vedettes Swiss Market Index (SMI) lâchait 1,16%.

ATS

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