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Crime de guerre: acquittement de Naser Oric

L'ex-commandant des forces bosniaques de Srebrenica, Naser Oric (ici au Tribunal pénal international), a été acquitté vendredi à Sarajevo, dans son procès pour des crimes de guerre (archives).

KEYSTONE/AP POOL, REUTERS/ZORAN LESIC

(sda-ats)

Héros pour les siens, assassin pour de nombreux Serbes, Naser Oric, ex-commandant des forces bosniaques de Srebrenica, a été définitivement acquitté vendredi. Il était jugé pour crimes de guerre durant le conflit intercommunautaire de 1992-95.

Naser Oric et son frère d'armes Sabahudin Muhic "sont acquittés de l'accusation d'avoir commis pendant la guerre (...) des crimes contre les prisonniers", a lu le juge Tihomir Lukes. Les deux hommes étaient jugés pour l'assassinat en 1992 de trois militaires serbes capturés dans les environs de Srebrenica (est). Leur acquittement est définitif.

Dans l'attente du verdict, des centaines de personnes s'étaient réunies devant le tribunal de Sarajevo, portant notamment des pancartes "Héros, pas criminels !" Naser Oric, 51 ans, est un des combattants bosniaques les plus emblématiques de la guerre contre les forces serbes de Bosnie.

"Le procès contre Naser Oric est très sensible", "quel qu'il soit, le jugement sera sévèrement critiqué par l'une des parties", avait prévenu avant le verdict Erna Mackic, journaliste spécialisée dans les crimes de guerre.

Déjà acquitté à La Haye

En 2008, après plusieurs années en détention à La Haye, il avait déjà été acquitté par la justice internationale. Il était accusé de n'avoir pas empêché les mauvais traitements contre des prisonniers de guerre et d'avoir mené des attaques contre des villages serbes du secteur de Srebrenica.

La justice serbe avait toutefois émis en 2014 un mandat d'arrêt international contre Oric, suite auquel l'ex-commandant bosniaque a été arrêté en juin 2015 à la douane de Thônex-Vallard (GE). Les autorités helvétiques l'ont ensuite extradé vers la Bosnie.

L'an passé, la justice bosnienne l'avait jugé innocent de l'assassinat en 1992 de ces trois militaires serbes. Mais cette relaxe et celle de Sabahudin Muhic, 50 ans, avaient été cassées pour des raisons de procédure, provoquant ce nouveau procès.

Pire tuerie

Les troupes de Naser Oric ont tenu pendant plus de trois ans le siège imposé par les forces serbes de Ratko Mladic. Alors que Naser Oric l'avait quittée avec plusieurs de ses officiers pour une réunion du commandement bosniaque à Sarajevo, l'enclave musulmane, pourtant placée sous la protection de l'ONU, tombait finalement en juillet 1995.

En quelques jours, plus de 8'000 hommes et adolescents bosniaques ont alors été massacrés par les forces serbes dans les alentours de Srebrenica. Il s'agit de la pire tuerie sur le sol européen depuis la Seconde guerre mondiale.

Considéré comme un acte de génocide par la justice internationale, ce massacre a valu une condamnation à Ratko Mladic (perpétuité) ainsi qu'au propagandiste serbe de l'épuration ethnique, Radovan Karadzic (40 ans de réclusion).

Près de 2500 morts

Mais pour les Serbes, Naser Oric est un "boucher", dont les troupes ont commis des exactions pour vider de leur population serbe des villages du secteur de Srebrenica. Des associations de victimes estiment que 2'428 civils et militaires serbes ont été tués dans cette zone entre 1992 et 1995.

Milorad Kojic, directeur du Centre d'investigation des crimes de guerre de Banja Luka (nord), un institut qui dépend des autorités serbes de Bosnie, avait jugé une condamnation de Naser Oric "indispensable pour la réconciliation entre les peuples" de Bosnie.

Elle "serait une honte et une insulte pour les victimes" bosniaques, avait au contraire dit Kada Hotic, responsable d'une des associations des mères de Srebrenica, qui a perdu un fils, son mari et deux frères dans le massacre de 1995. Les Serbes pensent qu'une "condamnation allégerait le génocide qu'ils ont commis à Srebrenica".

Toujours divisé selon des lignes ethniques et fracturé par les ressentiments communautaires, ce petit pays des Balkans est peuplé pour moitié de Bosniaques musulmans, pour un tiers de Serbes orthodoxes et pour 15% de Croates catholiques.

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