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Décès de Win Tin, figure de la lutte pour la démocratie

Ce contenu a été publié le 21 avril 2014 - 10:58
(Keystone-ATS)

L'opposant birman Win Tin, cofondateur avec Aung San Suu Kyi de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), est décédé à l'âge de 84 ans. Cet ancien journaliste n'a jamais abandonné sa lutte pour la démocratie malgré 19 années passées en prison.

Win Tin, dont l'état de santé s'était détérioré ces dernières semaines, est mort dans un hôpital de Rangoun, a annoncé Nyan Win, porte-parole de la LND. Les funérailles auront lieu mercredi.

Répression féroce

En 1988, lorsque 3000 personnes sont tuées dans la répression par la junte d'un soulèvement populaire, il fonde la LND, notamment avec la future Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi. L'année suivante, il est arrêté et passera 19 années en prison, ce qui fait de lui le prisonnier politique birman ayant passé le plus de temps derrière les barreaux.

Libéré en 2008 dans le cadre d'une amnistie, il raconte les tortures qu'il a subies et ses années en isolement. Mais il promet malgré tout de continuer sa lutte pour la démocratie et pour la libération de tous les prisonniers politiques. Il était notamment toujours vêtu en leur honneur d'une chemise bleue, uniforme des détenus.

Tourbillon de réformes

La junte au pouvoir pendant près d'un demi-siècle s'est autodissoute en mars 2011, transférant ses pouvoirs à un régime quasi-civil qui a depuis entraîné la Birmanie dans un tourbillon de réformes, permettant la levée de presque toutes les sanctions occidentales.

Le gouvernement du président Thein Sein a notamment permis le retour au sein du jeu politique de Mme Suu Kyi, libérée de résidence surveillée fin 2010 et élue députée en 2012. Il a également libéré des centaines de prisonniers politiques, assurant même fin 2013 n'en avoir plus aucun derrière les barreaux.

Et s'il a maintenu son soutien à Aung San Suu Kyi, la décrivant comme "l'âme de la démocratie birmane", il martelait également à qui voulait l'entendre que le pays, malgré les réformes, avait toujours besoin d'une véritable opposition.

Aung San Suu Kyi, dont le parti fait figure de favori pour les législatives de 2015, a désormais pris le parti de collaborer avec ses ennemis d'hier. Elle réclame sans relâche une réforme de la Constitution, qui octroie un pouvoir immense aux militaires et qui l'empêche de devenir présidente.

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