Contenu externe

Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.

Des milliers de personnes ont défilé samedi après-midi dans les rues de Dublin pour appeler à une réforme de la législation irlandaise très stricte sur l'avortement. Cette manifestation s'est tenue à moins de sept mois des élections législatives.

Les manifestants brandissaient des affiches sur lesquelles on pouvait lire "abrogeons le 8e", en référence à l'amendement de la Constitution irlandaise qui donne des droits égaux au foetus et à la mère.

"Je ne suis pas une criminelle" ou "Ne nous obligez pas à faire nos bagages", lisait-on encore.

"Nous voulons envoyer un message très fort au gouvernement pour lui dire qu'il ne peut plus se contenter de laisser ce problème de côté", a déclaré à l'AFP Cathleen Doherty, de l'organisation Abortion Rights Campaign, organisatrice de la manifestation. Entre 8000 et 10'000 personnes étaient attendues par les organisateurs et la police s'est refusée à donner une estimation.

Cathleen Doherty a appelé à ce que l'engagement d'"abroger" le 8e amendement figure dans les programmes électoraux pour les élections législatives, qui doivent avoir lieu en avril 2016 au plus tard.

Autorisé en cas de danger

Après l'adoption du mariage homosexuel par référendum en mai, des militants pro-avortement et des responsables politiques ont appelé à la tenue d'un référendum pour abroger cet amendement.

La très catholique Irlande continue d'interdire l'avortement même en cas de viol, de malformation du foetus ou de risques pour la santé de la mère. Elle ne l'autorise que si la vie de la mère est en danger, et ce seulement depuis 2013 et le décès d'une femme enceinte de septicémie. Elle s'était vu refuser un avortement alors qu'elle était en train de faire une fausse couche, à 17 semaines de grossesse.

Depuis 1971, 177'000 femmes et jeunes filles ont dû quitter l'Irlande pour l'Angleterre ou le Pays de Galles afin d'y subir un avortement, selon Amnesty International, qui a lancé en juin une grande campagne en faveur d'une réforme des lois sur le sujet.

Autorisé en Angleterre

Le Premier ministre irlandais Enda Kenny, du parti de centre droit Fine Gael, s'est dit contre "un avortement à la demande". "Je n'ai pas l'intention d'abolir le 8e amendement sans considérer ce qui pourrait le remplacer", a-t-il déclaré début septembre.

La ministre de l'Egalité, Aodhan O Riordain, du parti travailliste, a quant à elle rappelé à l'AFP que "4000 femmes par an soit près de 12 par jour se rendent en Angleterre. Nous devons le faire ici en Irlande".

Pour Gary Murphy, politologue à l'Université de Dublin, même si la question mobilise les pro et anti-avortement, "l'élection se jouera sur l'économie, sur des sujets comme la redevance de l'eau ou les impôts fonciers".

ATS