Contenu externe

Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.

Le nouvel émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, a apporté à Rome son soutien aux efforts de l'Italie pour limiter le flux de migrants en Méditerranée.

KEYSTONE/EPA ANSA/MAURIZIO BRAMBATTI

(sda-ats)

Le nouvel émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, a apporté mardi à Rome son soutien aux efforts de l'Italie pour limiter le flux de migrants en Méditerranée. Il a exprimé cette position malgré les critiques des défenseurs des droits de l'Homme.

Pour M. Salamé, ancien ministre libanais de la Culture nommé en juin à la tête des opérations de l'ONU en Libye, la coopération entre Rome et Tripoli est un moyen "très constructif" de faire face à un réel problème.

Les défenseurs des droits de l'Homme estiment pour leur part que la politique italienne de renforcer les garde-côtes libyens pour intercepter les migrants avant qu'ils ne gagnent les eaux internationales abandonne des milliers de personnes ayant droit à l'asile aux violences des milices.

"Il serait absolument irréaliste d'ignorer la gravité du défi posé par les migrations clandestines", a déclaré M. Salamé à la presse après une rencontre avec le ministre italien des Affaires étrangères, Angelino Alfano.

"Ils sont des centaines de millions à travers le monde, c'est un problème très grave", a-t-il insisté. "Je crois aussi que chaque pays a un droit absolu de contrôler ses frontières et que le meilleur moyen est la coopération avec les pays voisins".

Meilleur contrôle aux frontières

Alors que l'Italie a vu débarquer plus de 600'000 migrants depuis 2014, essentiellement via la Libye, le gouvernement de centre-gauche tente de fermer la route, sous la pression conjointe de l'opposition à quelques mois des prochaines législatives et de ses partenaires européens. La marine italienne fournit désormais formation, équipement et soutien technique aux garde-côtes libyens.

L'Italie cherche aussi à limiter l'afflux de migrants en Libye même, grâce à un meilleur contrôle de ses frontières sud et une coopération avec des pays de transit comme le Niger, le Tchad et le Mali.

Pour M. Alfano, ces efforts portent leurs fruits: les arrivées ont baissé de 50% en juillet par rapport au même mois en 2016. Plusieurs experts estiment cependant que cette baisse est surtout due à des facteurs internes en Libye.

Mais le sort des centaines de milliers de migrants présents en Libye inquiète. Beaucoup sont retenus dans des camps sordides, soumis au travail forcé, à la torture, aux abus sexuels et aux extorsions.

"Ce n'est pas une compétition entre la sécurité et l'humanité", a cependant assuré M. Alfano. "Nous avons une opportunité de réduire les flux et d'organiser des camps de réfugiés en Libye".

"Nous devons investir massivement dans une opération humanitaire internationale et multilatérale pour nous assurer que ces camps respectent des critères acceptables en terme de droits de l'Homme et d'autres aspects", a insisté le ministre italien.

ATS