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Le juge espagnol Baltasar Garzon a saisi mercredi le Tribunal constitutionnel pour casser un verdict contre lui qu'il juge "arbitraire" et "manifestement injuste". Le magistrat avait été condamné en février à onze ans d'interdiction d'exercer dans une affaire d'écoutes illégales.

Le jugement, rendu par le Tribunal suprême de Madrid, est "gravement inconstitutionnel, dans une mesure jusque-là jamais rencontrée dans notre Etat démocratique", affirme Baltasar Garzon dans son recours.

Saisir le Tribunal constitutionnel est le seul recours à sa disposition puisque le jugement du Tribunal suprême n'admet pas d'appel. S'il donne raison au magistrat, le Tribunal constitutionnel "peut annuler la verdict du Tribunal suprême et Baltasar Garzon serait déclaré innocent et redeviendrait juge de plein droit", indiquent ses avocats.

Les douze interprètes de la constitution espagnole ne sont pas soumis à une durée limitée pour rendre leur décision dans cette affaire.

Carrière foudroyée

Baltasar Garzon a été condamné à onze ans d'interdiction d'exercer pour avoir ordonné des écoutes dans une enquête sur un réseau de corruption qui avait éclaboussé en 2009 la droite espagnole. Ces écoutes violaient les droits de la défense.

Le verdict du Tribunal suprême a foudroyé la carrière du magistrat, âgé de 56 ans. Il a aussi divisé le pays et déclenché un concert de protestations en Espagne et bien au-delà. Le juge Garzon est devenu célèbre pour avoir fait arrêter l'ex-dictateur chilien Augusto Pinochet en 1998 à Londres et avoir traqué les criminels portant atteinte aux droits de l'Homme.

Le magistrat a en revanche été acquitté fin février après un second procès très polémique. Il était jugé pour avoir enquêté sur les disparus du franquisme, dans un pays où les plaies de cette période restent à vif.

ATS