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Jean-Marie Le Pen est devenu persona non grata au siège du Front national (archives).

KEYSTONE/AP/JACQUES BRINON

(sda-ats)

Jean-Marie Le Pen a réclamé mardi la démission de sa fille, Marine Le Pen, de la présidence du Front national (FN). Une démission serait selon lui la conséquence logique de ses "échecs cinglants" aux élections présidentielle et législatives.

Celui qui est encore, à 89 ans, le président d'honneur du Front national s'est vu refuser l'entrée de la réunion du bureau exécutif du parti d'extrême droite. Il a trouvé grille close au siège du FN, rue des Suisses à Nanterre, ce qu'il a fait constater sur place par un huissier et l'un de ses avocats.

Les dirigeants du parti (Marine Le Pen, Florian Philippot, Nicolas Bay, Wallerand de Saint-Just) avaient prévenu ces derniers jours M. Le Pen qu'ils ne le laisseraient pas rentrer, alors même qu'il en a légalement le droit.

"Entêtement" de Marine Le Pen

Evoquant les "échecs cinglants" de son parti aux élections présidentielle et législatives, Jean-Marie Le Pen a demandé la démission du bureau exécutif du FN, puis le départ de sa fille, qui préside le Front national depuis 2011.

A la question d'un journaliste demandant si Marine Le Pen devait démissionner, il a répondu : "à mon avis, oui". "On fait son temps tant qu'on rend service, on cesse de faire son temps quand on nuit à son mouvement par ses positions et son entêtement", a déclaré le fondateur du Front national.

Jean-Marie Le Pen a été exclu du FN en 2015 après des propos répétés sur la Deuxième Guerre mondiale. Il a été rétabli un an plus tard par la justice dans ses fonctions de président d'honneur. Il entretient des relations orageuses avec Marine Le Pen, qui le considère comme un adversaire politique.

Une "faute capitale"

Jean-Marie Le Pen a mis sur le compte de son éviction, notamment, les scores à ses yeux décevants du Front national aux élections du printemps. La première cause, "c'est l'éviction du président", a-t-il dit en parlant de lui-même, évoquant une "faute capitale".

Et d'attaquer: "On sait qu'au FN, il n'y a pas la reconnaissance du ventre. Si je n'avais pas prêté neuf millions d'euros au FN, non seulement il n'aurait pas pu participer aux élections législatives mais même pas aux élections présidentielles. C'est par cette délicatesse du coeur particulière que Marine Le Pen a tenu à me faire un cadeau le jour de mon anniversaire."

Le bureau politique du FN s'est réuni mardi matin pour la première fois depuis des mois afin d'analyser les deux dernières campagnes électorales qui se sont soldées par l'élection de huit députés FN à l'Assemblée nationale. Un résultat en deçà des espérances affichées par le parti de constituer au moins un groupe de 15 députés.

ATS

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