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Heineken rentre au capital du principal brasseur chinois

Le tentaculaire brasseur néerlandais étend son emprise dans l'Empire du Milieu. (archive) KEYSTONE/EPA ANP FILE/KOEN VAN WEEL sda-ats
Ce contenu a été publié le 03 août 2018 - 07:57
(Keystone-ATS)

Heineken va acquérir une participation minoritaire dans China Resources Beer, le principal producteur chinois de bière.

L'opération à 2,68 milliards d'euros (3,1 milliards de francs) élargira l'accès du brasseur néerlandais au marché en plein boom du géant asiatique, ont annoncé les deux groupes vendredi.

Heineken a conclu un accord "non contraignant" avec China Resources Beer, selon lequel il acquerra 40% de CRH Beer, l'entité cotée contrôlant le groupe chinois, pour un total de 24,35 milliards de dollars hongkongais, selon un communiqué boursier de CRH Beer.

En contrepartie, China Resources Beer rachètera une participation de 0,9% pour 464 millions d'euros dans Heineken, et le géant néerlandais, qui possède trois brasseries dans le pays, fusionnera ses opérations en Chine avec celles de son nouveau partenaire.

Surtout, Heineken accordera à son partenaire l'autorisation de commercialiser sa marque de bière éponyme dans le pays.

La transaction permet donc à China Resources Beer, basé à Pékin et surtout connu pour ses marques bon marché - tel Snow Beer -, d'ajouter à sa gamme une marque premium renommée.

Heineken et son partenaire chinois allient leurs forces à l'heure où la compétition se fait plus féroce sur le marché chinois, les consommateurs se tournant vers des bières étrangères et de meilleure qualité à mesure qu'augmentent les revenus de la classe moyenne.

Pour l'heure, le marché chinois reste cependant dominé par les brasseurs locaux, trois groupes chinois contrôlant plus de 40% du marché, selon des chiffres d'Euromonitor International cités par Bloomberg. China Resources, numéro un, contrôlait récemment 18% des ventes de bière du pays, suivi du numéro deux local, Tsingtao.

Mais la rivalité s'intensifie aussi entre les géants internationaux (Carlsberg, Anheuser-Busch Inbev...), au point de faire pression sur les prix et d'amoindrir leurs marges. Dans ce contexte, certains groupes étrangers se sont retirés, tel le japonais Asahi.

Une myriade de bars ouverts par des brasseurs indépendants complique par ailleurs le paysage.

La Chine, premier marché mondial pour la production de bière, "devrait être le premier contributeur à la croissance du volume planétaire de bière premium sur les cinq prochaines années, avec l'essor rapide de sa classe moyenne", note Heineken dans son communiqué.

Son PDG, Jean-François van Boxmeer, a salué la "combinaison gagnante" entre la "solide marque" Heineken et le vaste réseau de distribution de China Resources Beer dans le pays.

Fondé au XIXe siècle à Amsterdam, Heineken produit et vend plus de 250 marques de bière et de cidre, dont Heineken, Strongbow et Amstel.

Le groupe, qui emploie 80.000 personnes dans plus de 70 pays, cherche à muscler son essor à l'international, après une salve d'acquisitions l'an dernier (Brasil Kirin au Brésil, Lagunitas aux États-Unis...) qui ont amoindri ses marges.

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