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Cette image de la surface de la comète Tchouri a été prise par la caméra OSIRIS, développée avec l'Université de Berne, à 5,8 km d'altitude, peu avant le crash planifié de la sonde Rosetta le 30 septembre 2016.

KEYSTONE/EPA ESA/ESA/ROSETTA/MPS FOR OSIRIS / HANDOUT

(sda-ats)

Un "drapeau" suisse a flotté avant le drapeau américain sur la Lune: la voile solaire développée par l'Université de Berne a été déployée en premier par Buzz Aldrin lors de la mission Apollo 11. La haute école célèbre ces jours 50 ans de recherches spatiales.

C'était en juillet 1969, et le savoir-faire bernois s'exposait alors sur les télévisions du monde entier. Mais c'est le 27 octobre 1967 que la fusée-sonde Zénith de la firme Contraves (aujourd’hui RUAG Space), lancée de Sardaigne, a emporté pour la première fois du matériel bernois dans la haute atmosphère: des appareils de mesure de densité et de pression atmosphérique.

Contactés un mois avant le décollage par Contraves, les chercheurs de l'Université de Berne ont développé en un temps record des capteurs petits, légers et suffisamment robustes. "Du point de vue technologique, ce projet nous a énormément apporté", se souvient le physicien Hans Balsiger, aujourd'hui retraité, interrogé par l'ats.

C'était le baptême du feu, le premier pas d'une épopée qui, en passant par Apollo 11 et d'autres missions, a culminé dernièrement avec Rosetta et l'étude de la comète "Tchouri".

Une idée toute simple

La capteur de particules de vents solaires, une feuille d'aluminium ayant subi différents traitements, était la seule expérience non américaine embarquée sur Apollo 11. Au fond, une idée toute simple qui a convaincu la NASA également grâce au faible poids du dispositif. "Les petits dans le monde de la recherche peuvent aussi être bons s'ils ont de bonnes idées", note le Pr Balsiger.

La feuille a recueilli des particules durant 77 minutes. Pour la première fois, des authentiques matériaux solaires ont été ramenés sur la terre et analysés dans des laboratoires à Zurich et Berne. Les chercheurs ont pu acquérir de nouvelles connaissances, non seulement sur le soleil et son évolution depuis des milliards d'années, mais également en astrophysique et en cosmologie.

Une voile solaire bernoise a été de la partie par la suite lors de tous les alunissages, à l'exception d'Apollo-13 - mission interrompue - et d'Apollo-17.

"Nuit de la recherche" samedi

Aujourd'hui, ces voiles solaires sont conservées précieusement dans deux coffres-forts de l'Université de Berne. Les bandes qui y ont été découpées témoignent des analyses menées après le retour sur Terre.

Elles ne sont pas visibles du public, par crainte de contaminations, afin de ne pas fausser d'éventuelles futures mesures. Ce samedi toutefois, l'alma mater bernoise en présentera une version de secours, de même qu'un morceau encadré de l'original emmené par Apollo 11, dans le cadre de sa "Nuit de la recherche".

L'exposition comprendra en outre quelques appareils de mesure ayant volé lors de différentes missions, de même que des copies ou versions de réserve d'instruments qui ne sont jamais revenus sur notre planète. C'est le cas par exemple du spectromètre de masse de la mission Giotto, la sonde européenne qui, en 1986, a brièvement survolé la comète de Halley pour en étudier les caractéristiques.

Réplique de ROSINA

Le public pourra aussi y découvrir une version de ROSINA, le spectromètre de masse qui se trouvait à bord de la sonde européenne Rosetta. Pendant deux ans, cet instrument a "reniflé" la comète "Tchouri" (67P/Tchourioumov-Guérassimenko), avant d'y finir ses jours il y a un an, le 30 septembre 2016, lors d'un crash programmé.

ROSINA (Rosetta Orbiter Spectrometer for Ion and Neutral Analysis) a été développée sous l'égide du Pr Balsiger. Elle a permis d'analyser la composition des gaz de la comète, livrant quelques-uns des enseignements les plus spectaculaires de la mission de l'Agence spatiale européenne (ESA).

Elle a ainsi montré que la comète Tchouri contient des éléments-clés de la vie, notamment un acide aminé et du phosphore, deux composants importants de l'ADN, de l'ARN et des membranes cellulaires. Cela renforce la thèse selon laquelle les comètes ont participé à l'apparition de la vie sur Terre.

Avec la caméra OSIRIS (Optical, Spectroscopic and Infrared Remote Imaging System), à laquelle l'Université de Berne a également participé, ROSINA était l'instrument le plus important à bord, note Hans Balsiger.

Dans la cour des grands

En cinquante ans, la recherche spatiale bernoise est donc entrée dans la cour des grands. Ses instruments ont volé 25 fois à bord de fusées dans la haute atmosphère et la ionosphère, 9 fois avec des ballons dans la stratosphère, et 32 appareils ont été placés sur des sondes spatiales.

La précision suisse des instruments développés conjointement avec l'industrie helvétique est pour beaucoup dans cette bonne réputation internationale, estime le professeur Peter Wurz, chef de la division Recherche spatiale et sciences planétaires.

Les scientifiques bernois n'entendent pas se reposer sur leurs lauriers. Un de leurs systèmes de caméras scrute actuellement la planète rouge à bord de la mission de l'ESA "ExoMars". Et les préparatifs vont bon train pour le télescope spatial CHEOPS, en pleine phase de tests.

Satellite "made in Switzerland"

CHEOPS (CHaracterizing ExOPlanet Satellite) doit être mis en orbite en 2018 à une altitude de 800 kilomètres sur un satellite. Il s'agit de la première mission de l'ESA dirigée par la Suisse. Le satellite observera et caractérisera les planètes de quelque 500 étoiles particulièrement lumineuses pendant trois ans.

L'Université de Berne développe aussi des instruments d'analyse chimique cruciaux pour la mission de prospection russe Luna 27 (Luna-Resurs lander) qui devrait se poser sur la Lune peu après 2020. Elle travaille par ailleurs pour la sonde orbitale BELA de l'ESA, qui explorera Mercure en 2024 après un voyage de six ans.

En 2026, les universités de Berne et Genève seront partenaires de la mission PLATO. Ce satellite de l'ESA sera doté de 26 ensembles optiques qui lui permettront d'observer pratiquement la moitié de la voûte céleste sur la durée de la mission, au minimum 4 ans.

De plus, les chercheurs bernois seront parmi les investigateurs principaux de la mission européenne JUICE (Jupiter Icy Moon Explorer). Cette sonde voyagera pendant huit ans à destination de Jupiter afin d'en étudier les trois plus grandes lunes, Ganymède, Callisto et Europe, qu'elle devrait atteindre en 2030.

http://ndfprogramm.unibe.ch/veranstaltungen.php

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ATS