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Le premier ministre canadien Justin Trudeau et son épouse Sophie ont été reçus par le pape François.

KEYSTONE/EPA ANSA/ETTORE FERRARI

(sda-ats)

Le pape François a reçu lundi Justin Trudeau dans une ambiance apparemment détendue. Le Premier ministre canadien était venu lui parler des autochtones du Canada victimes des politiques d'assimilation auxquelles l'Eglise catholique a activement participé.

"Je lui ai parlé du désir profond des Canadiens d'avoir une vraie réconciliation avec les peuples autochtones et j'ai parlé de comment lui il pourrait aider avec des excuses", a déclaré M. Trudeau devant la presse, précisant qu'il avait invité le pape au Canada.

Justin Trudeau a dit que le chef de l'Eglise catholique lui avait assuré avoir toujours à coeur la défense les plus "marginalisés" et qu'il était prêt à travailler avec les autorités canadiennes pour trouver une issue sur ce point. Il n'a pas évoqué de réponse éventuelle du pape à son invitation à se rendre au Canada.

M. Trudeau souhaitait s'entretenir avec le souverain pontife des autochtones du Canada victimes des politiques d'assimilation auxquelles l'Eglise catholique a activement participé. Beaucoup d'entre eux ont aussi été victimes pendant plus d'un siècle de sévices dans des pensionnats principalement régis par l'Eglise.

Cette démarche figurait parmi les recommandations faites fin 2015 par la Commission de vérité et réconciliation du Canada qui a entendu pendant six ans les témoignages de près de 7000 anciens élèves.

Détendus

Visiblement détendus lors des quelques minutes publiques de l'audience, le pape et M. Trudeau ont échangé sourires et plaisanteries, sans évoquer leurs 36 minutes d'entretien privé.

Cet entretien a porté "sur les thèmes de l'intégration et de la réconciliation, ainsi que sur la liberté religieuse et les problématiques éthiques actuelles", s'était contenté d'annoncer le Vatican dans un communiqué.

Alors que M. Trudeau revenait du sommet du G7 à Taormina, les deux hommes ont aussi évoqué "des questions de caractère international, avec une attention particulière pour le Moyen-Orient et les zones de conflit".

Politique d'ouverture

Catholique élevé dans un collège jésuite, M. Trudeau a mis en place une politique d'accueil et d'intégration des réfugiés, en particulier syriens. Mais le jeune dirigeant canadien est aussi un fervent défenseur des droits des homosexuels et des transgenres.

Et pour lui, la question autochtone est "une priorité", a insisté un porte-parole. Au Canada, 150'000 enfants amérindiens, métis et inuits ont été enrôlés de force dans 139 pensionnats gérés par des communautés religieuses, au nom du gouvernement canadien. Nombre d'entre eux ont été soumis à des mauvais traitements ou à des abus sexuels.

Justin Trudeau a lui-même présenté ses "excuses les plus sincères" aux autochtones et leur a demandé "pardon" au nom du gouvernement du Canada.

Depuis son élection en 2013, François a pour sa part présenté des excuses au nom de l'Eglise aux victimes d'agressions sexuelles, aux protestants persécutés dans le Nord de l'Italie et aux peuples autochtones d'Amérique du Sud pour la complicité de l'Eglise dans leur oppression lors des conquêtes coloniales.

ATS

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