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Khashoggi: Ankara partage ses informations avec la CIA, selon un journal turc

Dans les jours qui ont suivi sa disparition, des journaux turcs ont rapporté que les enquêteurs turcs avaient en leur possession des enregistrements vidéo et audio prouvant que Jamal Khashoggi avait été torturé, tué et démembré.

KEYSTONE/EPA/SEDAT SUNA

(sda-ats)

Un journal proche du pouvoir turc a rapporté que les services de renseignement d'Ankara avaient partagé avec la directrice de la CIA les éléments de l'enquête sur le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. Madrid défend pour sa part les ventes d'armes à Ryad.

D'après Sabah, l'un des principaux quotidiens qui publient les "fuites" turques depuis le début de l'affaire Khashoggi, les services de renseignements turcs (MIT) ont "briefé Gina Haspel sur les preuves liées" au meurtre du journaliste saoudien.

Le journal avance notamment que le MIT a "montré" à la directrice de la CIA "des images vidéo et des enregistrements audio", et "partagé" avec elle "les éléments obtenus lors de la perquisition du consulat général et de la résidence du consul d'Arabie saoudite (à Istanbul)".

Âgé de 59 ans, Jamal Khashoggi, un éditorialiste respecté qui collaborait au Washington Post, a été tué le 2 octobre dans le consulat général de son pays à Istanbul.

Torturé, tué, démembré

Dans les jours qui ont suivi sa disparition, des journaux turcs, dont Sabah, ont rapporté que les enquêteurs turcs avaient en leur possession des enregistrements vidéo et audio prouvant que M. Khashoggi avait été torturé, tué et démembré.

L'existence de ces documents n'a en revanche jamais été officiellement reconnue par Ankara et le président Recep Tayyip Erdogan n'en a pas fait état mardi dans un discours sur l'affaire.

Selon Sabah, Gina Haspel, une espionne de carrière, turcophone et qui a pris la tête de la CIA en avril, a par ailleurs eu "des entretiens à haut niveau" à Ankara où elle a atterri mardi.

Tusk contre tout "jeu ambigu"

Le président du Conseil européen Donald Tusk a réclamé mercredi que toute la lumière soit faite sur "l'assassinat choquant" du journaliste, "quel qu'en soit l'auteur". "Le seul intérêt européen est de révéler tous les détails de cette affaire", a-t-il affirmé devant les eurodéputés réunis à Strasbourg.

"C'était un crime si horrible que même la moindre trace d'hypocrisie nous ferait honte", a-t-il ajouté, appelant les députés européens à veiller à ce que "l'Europe, les États membres ou les institutions" s'abstiennent de tout "jeu ambigu" dans cette affaire. "Ce n'est pas mon rôle de dire qui veut protéger les intérêts de qui ici", a-t-il souligné, sans plus de précision.

Après avoir nié la mort du journaliste, le gouvernement saoudien a avancé plusieurs versions contradictoires. Ryad soutient désormais que le journaliste a été tué au cours d'une opération "non autorisée" dont le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit "MBS", n'était pas informé.

Madrid défend les ventes d'armes à Ryad

Le chef du gouvernement socialiste espagnol Pedro Sanchez a défendu mercredi dans ce contexte les ventes d'armes à Ryad dans un exercice d'équilibriste politique et diplomatique lors duquel il a dénoncé le "terrible assassinat" de Jamal Khashoggi.

"Si vous me demandez où je dois me situer aujourd'hui et ici, c'est dans la défense des intérêts de l'Espagne, du travail de secteurs stratégiques pour la plupart situés dans des zones très affectées par le drame du chômage", a-t-il déclaré devant la chambre des députés.

Les chantiers navals Navantia, qui ont reçu d'Arabie saoudite une commande de cinq navires de guerre pour 1,8 milliard d'euros, sont situés en Andalousie, bastion socialiste durement frappé par le chômage où auront lieu des élections régionales en décembre.

Les partis indépendantistes catalans et la formation de gauche radicale Podemos, alliés du parti socialiste de M. Sanchez sans qui il n'a pas de majorité au Parlement, l'avaient pourtant appelé à suspendre les ventes d'armes à Ryad pour protester contre le meurtre de M. Khashoggi.

Appel de Berlin

En septembre, le gouvernement espagnol avait suscité de vives critiques pour avoir décidé de maintenir la livraison de 400 bombes à guidage laser à l'Arabie saoudite après avoir tenté d'y renoncer en raison de bombardements saoudiens qui ont tué des dizaines d'enfants au Yémen.

Dimanche, la chancelière allemande Angela Merkel a prévenu que Berlin n'autoriserait pas en l'état d'exportations d'armes vers Ryad. Elle a appelé les autres pays européens à faire de même.

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