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L'armée chinoise montre ses muscles à Hong Kong

L'armée chinoise a mis en garde les contestataires à Hong Kong (archives). KEYSTONE/EPA/RITCHIE B. TONGO sda-ats
Ce contenu a été publié le 01 août 2019 - 17:20
(Keystone-ATS)

Blindés, matraques et canons à eau face à des manifestants qui finissent menottés... L'armée chinoise a diffusé une vidéo mettant en garde les contestataires à Hong Kong. Son commandant sur place a dénoncé des violences "intolérables".

Après être restée relativement discrète en deux mois de manifestations pour la démocratie, la garnison de l'Armée populaire de libération (APL) basée dans l'ancienne colonie britannique a lancé mercredi un avertissement à deux coups.

Premier coup de semonce: une vidéo de trois minutes mise en ligne par la garnison montre des chars, des hélicoptères et des lance-missiles en action dans la cité du sud de la Chine et les collines environnantes. Les images comportent surtout un exercice anti-émeute dans lequel des soldats lourdement équipés dispersent une foule de manifestants, avec l'appui de blindés de transport de troupes et de canons à eau.

"Toutes les conséquences sont à vos risques et périls", avertit un militaire par haut-parleur. Les soldats, marchant en rangs serrés, sont équipés de casques, de boucliers et de matraques. On les voit dérouler des rouleaux de barbelés et tirer ce qui ressemble à des grenades lacrymogènes.

"Extrême violence"

Deuxième coup de semonce: une allocution très ferme du commandant en chef de la garnison, Chen Daoxiang, lors d'une réception à l'occasion du 92e anniversaire de la fondation de l'Armée rouge, ancêtre de l'APL. "Une série d'incidents d'une extrême violence se sont produits, causant un tort considérable à la prospérité et à la stabilité de Hong Kong et menaçant gravement l'Etat de droit et l'ordre social", a-t-il dénoncé.

Le commandant Chen a jugé ces violences "absolument intolérables", lors de cette allocution prononcée en présence de la cheffe de l'exécutif hongkongais, Carrie Lam, dont les manifestants exigent le départ. "Nous soutenons fermement les mesures prises par ceux qui aiment le pays et la ville afin de maintenir l'Etat de droit à Hong Kong", a-t-il assuré.

Ces avertissements sont intervenus le jour même où des dizaines de personnes étaient présentées à la justice. Elles sont accusées d'avoir participé à des "émeutes" lors des manifestations du week-end dernier.

L'ancienne colonie, retournée à la Chine en 1997, est sous tension depuis début juin à la suite de manifestations colossales contre un projet de loi qui aurait autorisé les extraditions en direction de la Chine continentale. Ce projet a été retiré mais la contestation s'est muée en un mouvement, parfois violent, de rejet de l'influence de Pékin.

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