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Selon les glaciologues, 50% des petits glaciers suisses auront disparu d’ici 25 ans. Ici, le glacier de Moiry (VS), dans le Val d'Anniviers (archives).

KEYSTONE/ANTHONY ANEX

(sda-ats)

Des scientifiques de l’EPFL vont parcourir durant au moins quatre ans les ruisseaux des plus importants glaciers du monde. Leur mission: récolter des microorganismes et en extraire l’ADN pour comprendre comment ils s’adaptent à leur environnement extrême.

Le projet démarre le 1er août. Il inaugure le Centre pour l’étude du changement des environnements alpins et polaires de Sion, établi sur le site EPFL Valais Wallis, a indiqué mercredi l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) dans un communiqué.

Son approche: explorer l’infiniment petit au pied des glaciers du monde entier. Les scientifiques récolteront le génome de microorganismes présents dans les ruisseaux de centaines de glaciers.

En associant les sciences environnementales aux géosciences et aux sciences de la vie, les chercheurs visent à découvrir comment cette vie microbienne s’est adaptée depuis des millénaires aux conditions environnementales extrêmes de ces ruisseaux.

Les scientifiques exploreront le "troisième pôle" à travers les ruisseaux de l’Alaska, de l’Himalaya, des Andes, du Groenland, de la Scandinavie, du Pamir, du Kamtchatka, du Caucase, de Nouvelle-Zélande et des Alpes.

Récolte de biofilms

Les expéditions se concentreront en particulier sur la récolte de "biofilms", un ensemble de microbes qui forme dans les ruisseaux une fine couche visqueuse à la surface des sédiments. Grâce au séquençage de grande ampleur de leur ADN, les chercheurs de l’EPFL ambitionnent de déchiffrer la structure et le fonctionnement du microbiome de ces biofilms.

Ces données génétiques rempliront deux objectifs. Premièrement, elles permettront aux chercheurs de remonter dans le temps, car elles pourraient révéler d’anciens marqueurs génétiques ainsi que les stratégies d’adaptation que les microbes ont développées au fil du temps.

Deuxièmement, elles permettront de regarder vers le futur. Leur décryptage aidera en effet les scientifiques à comprendre comment le changement climatique et la disparition des glaciers influencent les biofilms, et, par conséquent, leur rôle dans l’écosystème et la bio-géochimie des ruisseaux alpins.

En voie de disparition

Les glaciers et leurs ruisseaux ont été longtemps abondants sur Terre. A cause du réchauffement climatique, ils sont aujourd’hui en train de disparaître. Selon les glaciologues, 50% des petits glaciers suisses auront disparu d’ici 25 ans.

"Mieux comprendre la vie microbienne de ces écosystèmes en voie d’extinction est donc notre devoir envers les générations futures", explique Tom Battin, directeur du Laboratoire de recherche en biofilms et écosystèmes fluviaux de l’EPFL et directeur scientifique du projet, cité dans le communiqué.

La première expédition démarrera en février 2019. L’équipe sera guidée sur place par le géologue et expert de l’Himalaya Mike Styllas, chef d’expédition, et assisté par deux experts de la montagne du Canada et d’Italie.

La génomique se développera en partenariat avec le groupe de recherche du professeur Paul Wilmes, basé à l’Université du Luxembourg. Michael Zemp, chercheur associé à l’Université de Zurich, assistera l’équipe en glaciologie.

L’entraînement scientifique des chercheurs démarre cet été dans les Alpes suisses. Ce projet bénéficie du soutien de la fondation suisse NOMIS, qui finance exclusivement des initiatives scientifiques pionnières.

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ATS