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L'OMS appelle l'Europe à davantage d'efforts

Deux "clusters à risques" du variant britannique du coronavirus, plus transmissible et qui inquiète la communauté internationale, ont été détectés en France en région parisienne et en Bretagne (archives). KEYSTONE/EPA/Mohammed Badra sda-ats
Ce contenu a été publié le 07 janvier 2021 - 20:51
(Keystone-ATS)

L'Organisation mondiale de la sant a appelé jeudi l'Europe à réagir davantage face à la "situation alarmante" créée par la nouvelle variante plus contagieuse du coronavirus. Près de la moitié des pays européens, dont la Suisse, sont atteints.

"C'est une situation alarmante, qui signifie que durant une courte période nous allons devoir faire plus que nous n'avons fait", a dit le directeur Europe de l'OMS, Hans Kluge, lors d'un point presse en ligne. Vingt-deux pays de la zone Europe, comprenant 53 pays dont la Russie, ont désormais enregistré des cas liés à cette nouvelle souche, a précisé l'OMS. L'Europe a enregistré plus de 27,6 millions de cas et 603'000 morts, d'après l'organisation.

Et l'Espagne, qui a une nouvelle fois exclu un confinement généralisé, en contraste avec d'autres pays européens, a annoncé jeudi avoir à elle seule recensé plus de deux millions de personnes contaminées. Un chiffre toutefois sous-évalué, une étude présentée par le gouvernement mi-décembre ayant en effet montré que dix pour cent de la population, soit environ 4,7 millions de personnes, avait contracté le Covid-19

Clusters "à risque" en France

Selon l'OMS, la nouvelle souche "pourrait progressivement remplacer les autres en circulation à travers la région, comme observé au Royaume-Uni et de plus en plus au Danemark".

La France a à cet égard annoncé jeudi que deux "clusters à risque" du variant britannique du coronavirus avaient été détectés sur son territoire, en Bretagne (ouest) et dans la région parisienne. Conséquence, le Premier ministre Jean Castex a fait savoir que les frontières avec le Royaume-Uni resteraient fermées "jusqu'à nouvel ordre".

Avec 25'379 cas confirmés de Covid jeudi, "on arrive à des chiffres préoccupants", a de son côté prévenu Jean-François Delfraissy, le président du conseil scientifique, qui guide le gouvernement.

Troisième confinement

L'Angleterre est quant à elle revenue à un long et dur troisième confinement. L'Ecosse subit un sort similaire, cependant que l'Irlande du Nord et le Pays de Galles avaient déjà pris juste après Noël une telle mesure. La situation est telle que les hôpitaux britanniques approchent de la saturation, au point de chercher des lits disponibles dans les maisons de retraite.

Pays voisin, l'Irlande a durci son confinement à cause d'un "tsunami" de contaminations, pour reprendre les mots de son Premier ministre Micheal Martin, et fermé ses écoles jusqu'à la fin du mois.

Même situation inquiétante dans le sud de l'Europe. Le Portugal a décidé de durcir les restrictions de circulation et d'étendre ce week-end le couvre-feu à la presque totalité du pays, après avoir enregistré un nombre record de 10'000 nouvelles infections en 24 heures.

Le Premier ministre Antonio Costa a prévenu que son pays pourrait "adopter des mesures plus sévères à partir de la semaine prochaine".

"Longue bataille"

L'espoir demeure la vaccination. Après le vaccin de l'américain Pfizer et de l'allemand BioNTech, autorisé le 21 décembre, l'Agence européenne des médicaments (EMA) a donné son feu vert à celui de Moderna, avalisé dans la foulée par Bruxelles qui donne ainsi une impulsion aux campagnes de vaccination contre le Covid-19 dans l'UE, jugées trop lentes.

Plus d'un million d'habitants de l'Union européenne ont reçu une dose de vaccin contre le Covid-19, les Danois, les Allemands et les Italiens faisant la course en tête, selon un bilan établi par l'AFP.

Or, pour l'OMS la vaccination sera une "longue bataille". "Trois ou six mois de route très, très difficiles devant nous", a dit le responsable des situations d'urgence sanitaire à l'OMS, Michael Ryan.

Réaction allergique

Les autorités sanitaires américaines ont annoncé qu'une personne sur 100'000 a manifesté une réaction allergique grave après avoir reçu une dose du vaccin de Pfizer-BioNTech, soulignant que les bénéfices étaient bien supérieurs aux risques. L'épidémie s'aggrave néanmoins aux Etats-Unis, qui ont déploré mercredi soir 3626 sur 24 heures, au lendemain d'un record, outre 236'601 nouvelles contaminations.

Quant au vaccin CoronaVac, conçu par le laboratoire chinois Sinovac, il s'est montré efficace "de 78% à 100%" dans les tests cliniques effectués au Brésil, a assuré jeudi le gouverneur de l'Etat de Sao Paulo. Et c'est aussi un vaccin chinois, celui de Sinopharm, qui sera injecté aux Seychelles, qui vont entamer dimanche leur campagne de vaccination.

La situation se dégrade aussi en Asie.Le Premier ministre japonais Yoshihide Suga a décrété jeudi un nouvel état d'urgence sur Tokyo et sa grande banlieue, sur fond de records de contaminations.

En Chine, où le nouveau coronavirus a fait son apparition il y a plus d'un an et qui avait largement éradiqué l'épidémie au printemps, 63 nouveaux cas ont été enregistrés en 24 heures, du jamais vu depuis juillet, pour l'essentiel à Shijiazhuang.

La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 1'884'187 morts dans le monde depuis l'apparition de la maladie fin décembre 2019, selon un bilan établi par l'AFP jeudi.

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