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L'ancien vice-président de la BNS estime que la décision arrêtée il y a trois ans d'abolir le cours plancher de l'euro a porté ses fruits (archives).

KEYSTONE/MARCEL BIERI

(sda-ats)

Trois ans après l'abandon par la Banque nationale suisse (BNS) du taux plancher liant franc et euro, le 15 janvier 2015, son ancien vice-président, Jean-Pierre Danthine, estime qu'il s'agissait d'une bonne décision. "Nous devions le faire et nous avons eu raison."

"Il faut préciser: trois ans après l'abandon du taux plancher, et sept ans après son instauration", explique Jean-Pierre Danthine dans une interview publiée jeudi dans l'agefi. "C'est un tout qu'il faut prendre dans son ensemble. Et oui en effet le bilan est positif."

Il était justifié d'empêcher l'appréciation du franc en 2011. "Nous avons tenu quatre ans. Et le 15 janvier 2015, nous avons lâché à un moment où les perspectives étaient suffisamment bonnes pour qu'on abandonne une mesure qui devait rester extraordinaire, rappelle l'ancien membre de la direction de l'institut d'émission.

"Nous avons aujourd'hui la confirmation que c'était une décision justifiée. Pas agréable à prendre, mais justifiée: l'économie suisse l'a bien supportée, le chômage va repasser sous le niveau de 2015, les perspectives de croissance sont bonnes et nous avons mis entre parenthèses une période d'extrême pression sur le franc", argumente le Vaudois d'origine belge qui préside la PSE-Ecole d'économie de Paris.

Pas de doutes

Dans ce contexte, Jean-Pierre Danthine, qui a quitté le directoire de la BNS le 1er juillet 2015, note "l'incroyable agilité des entreprises suisses". "Une fois de plus, elles ont démontré une résistance et une adaptabilité impressionnante."

M. Danthine ajoute n'avoir jamais douté une fois la décision prise. "Vous n'imaginez pas combien d'heures de réflexion et d'analyse précèdent une décision de ce type". Si les trois membres de la direction de la BNS en portent collégialement la responsabilité, les évaluations générales la précédant se font avec 60 personnes dans la salle.

La BNS a pris un gros risque, rappelle M. Danthine. De toutes les banques centrales, l'institut d'émission helvétique est celui qui affiche le plus gros bilan en proportion du produit intérieur brut (PIB). "Un risque qui a des aspects positifs, note-t-il au passage, se référant à l'énorme bénéfice de quelque 54 milliards de francs dégagé par la BNS au titre de 2017.

Garder la tête froide

Evoquant le risque pris, Jean-Pierre Danthine précise qu'"il n'y a pas de danger si nous gardons la tête froide. Je pense notamment aux politiciens, qui doivent préserver la flexibilité de la BNS pour qu'elle puisse diminuer petit à petit son bilan".

"Si un jour, sous prétexte de pertes importantes, les politiciens paniquent et prennent des décisions à la place de la BNS, alors cela pourrait devenir très coûteux pour la nation", poursuit Jean-Pierre Danthine.

L'institut d'émission demeurera sur la durée une source de profits pour les cantons et la Confédération, assure M. Danthine. "Mais avec une volatilité de ses résultats qui impose que nous gardions la tête froide", avertit son ex-vice-président.

"Ne distribuons pas tous les bénéfices quand tout va bien: la banque a besoin d'un important coussin, car l'année prochaine ce sera peut-être 20 milliards de pertes", conclut Jean-Pierre Danthine.

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ATS