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La caverne d'Ali Baba du "soft power" britannique

Le cabinet britannique a prévenu que le flou entourant la sortie britannique de l'Union européenne, prévue fin mars 2019, risquait de mettre en péril l'influence culturelle, sportive, créative, financière et technologique du Royaume-Uni dans le monde (image symbolique).

KEYSTONE/AP PA/YUI MOK

(sda-ats)

Dans un discret entrepôt du centre de Londres sommeillent des milliers de peintures, gravures et dessins attendant d'être envoyés aux quatre coins du globe. Cette caverne d'Ali Baba rassemble les outils du "soft power" (politique d'influence) britannique.

La collection d'oeuvres d'art du gouvernement compte environ 14'000 pièces, principalement britanniques, rassemblées au cours des deux derniers siècles. Elles peuvent être exposées dans des bâtiments consulaires, des résidences et des bureaux gouvernementaux dans le monde entier.

Downing Street accueille ainsi des portraits du peintre britannique contemporain Lucian Freud et une oeuvre du maître paysagiste du XIXe siècle John Constable, l'ambassade britannique à Bahrein des sérigraphies de Barbara Hepworth, celle de Washington des oeuvres de Damien Hirst et du peintre et graveur du XVIIIe siècle William Hogarth.

"Les oeuvres d'art peuvent servir à briser la glace, amorcer une conversation mais aussi à montrer la grande créativité du Royaume-Uni", souligne la directrice de la collection, Penny Johnson.

Certaines sont choisies par un ambassadeur, d'autres résonnent avec le lieu où elles sont exposées. La peintre Bridget Riley a par exemple utilisé les mêmes couleurs que celles de l'Egypte antique pour son oeuvre "Reflection" de 1982, exposée à l'ambassade du Caire.

Insectes ennemis

Environ les deux tiers de la collection sont dispersés dans plus de 150 villes, certaines oeuvres en meilleur état que d'autres. Car la chaleur extrême et les insectes représentent un vrai danger et les conservateurs soumettent peintures et images à un "processus de tropicalisation", doublant le dos des oeuvres pour les isoler avec une pellicule d'aluminium.

D'autres risques sont de nature domestique : un ambassadeur a récemment renvoyé une installation fragile à Londres, craignant qu'elle ne puisse survivre aux assauts de ses trois jeunes enfants.

Certaines oeuvres peuvent aussi être victimes de tensions diplomatiques. Les manifestants qui ont pris d'assaut l'ambassade britannique à Téhéran en 2011 en réponse aux sanctions occidentales contre le programme nucléaire iranien ont abîmé des peintures qui s'y trouvaient, explique Penny Johnson.

L'ambassade a rouvert ses portes en 2015 et les deux pays ont normalisé leurs relations l'année suivante, mais les oeuvres d'art n'ont regagné les lieux que depuis quelques mois. Un portrait de la reine Victoria "est en cours de restauration et nous espérons que tout rentrera à Téhéran en décembre", déclare Mme Johnson.

A la page

La collection dispose d'un budget de 855'000 livres (1,1 millions de francs) cette année, financé par le gouvernement, pour couvrir les frais liés aux acquisitions, à la conservation, l'encadrement, le transport et l'installation d'oeuvres.

Les dons privés l'aident aussi à rester à la page. En septembre, la collection a annoncé la commande de dix oeuvres de dix artistes au cours de la prochaine décennie, financée par un don de 500'000 livres des philanthropes Sybil Robson Orr et Matthew Orr.

Le premier de ces artistes est Hurvin Anderson, sélectionné pour le prestigieux prix Turner, qui a créé une estampe au pochoir intitulée "Nature morte avec des fleurs artificielles", inspirée d'un vase appartenant à sa mère jamaïcaine. Un des tirages en édition limitée a déjà été réservé pour l'ambassade du Royaume-Uni à Paris, qui accueille environ 17'000 visiteurs par an.

Le Brexit en embuscade

"L'art et la culture sont l'une de nos meilleures cartes de visite dans le monde", a souligné le secrétaire d'Etat chargé des Arts, Michael Ellis, lors du lancement de ce nouveau projet. La collection "est une marque de notre 'soft power' dans le monde", a-t-il ajouté.

Cette année, le Royaume-Uni s'est classé premier de l'indice "Soft Power" du cabinet de conseil britannique Portland Communications, preuve de son influence culturelle, sportive, créative, financière et technologique dans le monde. Mais le cabinet a prévenu que le flou entourant la sortie britannique de l'Union européenne, prévue fin mars 2019, risquait de mettre en péril ces atouts.

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