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La menace de Trump pèse sur le Conseil des droits de l'homme

Le Haut commissaire aux droits de l'homme Zeid Raad al Hussein participera à sa dernière session du Conseil des droits de l'homme et son travail est salué par la Suisse (archives).

KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

(sda-ats)

La menace américaine de se retirer du Conseil des droits de l'homme va à nouveau rythmer l'enceinte réunie dès lundi pour trois semaines. Pourfendeur de Donald Trump, le Haut commissaire aux droits de l'homme Zeid Raad al-Hussein participera à sa dernière session.

Il y a un an, l'ambassadrice américaine à l'ONU à New York était venue à Genève pour demander une réforme du Conseil. Au centre des exigences américaines, la fin de la question palestinienne à chaque ordre du jour et une révision des conditions d'élection à cet organe par l'Assemblée générale de l'ONU.

Depuis, les Etats-Unis avaient minimisé la portée de leur appel, rejetant "toute menace". Mais le vote du Conseil sur l'envoi d'une Commission d'enquête à Gaza a remis le scénario d'un retrait sur la table.

Selon certains, la décision politique "a été prise" et sera dévoilée une fois. "Si les Etats-Unis se retirent, on doit s'attendre à d'importantes conséquences pour le Conseil", explique à l'ats l'ambassadeur suisse auprès de l'ONU à Genève Valentin Zellweger.

Plusieurs blocages récents

Selon le directeur exécutif du Groupe sur les droits universels (URG), Marc Limon, l'effet serait "mauvais" pour les Etats-Unis et "très mauvais" pour Israël. "Le Conseil s'en sortirait", dit-il.

Récemment, un projet de résolution à New York, dont la mise au vote est encore ouverte, a été accueilli froidement par les principaux alliés américains. Après un autre blocage par l'UE, en raison de divergences belges, d'un compromis lors d'une réunion en décembre dernier à Genève. Selon le président du Conseil Vojislav Suc, une dilution du point permanent sur Israël n'est pas à l'ordre du jour des discussions de l'instance pour le moment.

Outre la requête sur la question palestinienne, les Etats-Unis veulent aussi durcir les conditions d'élection pour écarter les pays indésirables. Ils souhaitent les faire passer de la majorité simple à celle de deux tiers à l'Assemblée générale.

"Beaucoup de conditions sont déjà prévues", explique M. Zellweger. De l'engagement à honorer les droits de l'homme à celui de se conformer aux règles du Conseil en passant par la représentation de chaque région.

Syrie ou encore Burundi

Washington souhaite aussi que l'éviction d'un membre du Conseil puisse être obtenue à la majorité simple et non aux deux tiers. Parmi les situations attendues lors des débats, Syrie, Erythrée, Birmanie ou Burundi seront notamment discutés. La Commission d'enquête sur la Syrie doit présenter ses conclusions sur les violences récentes dans la Ghouta orientale.

Pour M. Limon, le moment est venu de se poser la question de l'efficacité de ces instances. En Syrie notamment, "les familles commencent à être énervées" parce qu'elles prennent le risque de collaborer sans voir de responsable puni. "Je comprends la frustration des victimes", dit M. Zellweger.

Autre reproche, certains mettent en cause la qualité des preuves rassemblées par ces commissions. Sur la Syrie, le mécanisme indépendant de l'ONU chargé de préparer les preuves sur les crimes les plus graves (MIII) a été prévu pour préserver des indications exploitables par des tribunaux. M. Limon se dit favorable à ce que cette structure prenne en charge toutes les situations, pas seulement ce conflit qui a fait plus de 350'000 victimes.

Plusieurs noms pour succéder à Zeid

De son côté, la Suisse défendra deux résolutions, dont une sur la protection des droits de l'homme dans le cadre des manifestations. La seconde doit aboutir à un groupe d'experts chargé de réfléchir d'ici 2019 à l'action du Conseil pour la prévention de violations des droits de l'homme par des acteurs comme la police ou en détention.

Cette session sera la dernière de M. Zeid. Largement salué pour avoir ciblé toutes les violations des droits de l'homme, dont celles qui avaient lieu aux Etats-Unis, il a décidé de ne pas se représenter. "Il a fait un travail extraordinaire", estime M. Zellweger. "Sa clarté et son impartialité continuent d'être importantes", dit-il.

Pour lui succéder, plusieurs noms circulent comme l'ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, qui ne serait toutefois pas intéressée, l'ancienne directrice générale de l'UNESCO Irina Bokova ou encore le conseiller spécial de l'ONU sur la prévention du génocide Adama Dieng. M. Guterres ne cache lui pas sa préférence pour une femme.

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