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Le réchauffement, la perte d'humus et le compactage par les grosses machines mettent le sol à rude épreuve (archives).

KEYSTONE/GAETAN BALLY

(sda-ats)

Malgré des progrès depuis les années 1990, la perte d’humus et de biodiversité, l’érosion et le compactage mettent le sol à rude épreuve. Le Programme national de recherche "Utilisation durable de la ressource sol" (PNR 68) livre des pistes pour l'avenir.

Plusieurs projets du PNR 68 se sont intéressés aux facteurs perturbant les sols. L’accent a surtout été mis sur la perte de substance organique - l’humus - et sur le compactage. D’autres ont cherché des stratégies qui en préservent ou en améliorent la qualité, par des mesures d’exploitation agricole ou des solutions nouvelles pour la protection des cultures.

L’humus contribue au stockage des nutriments et de l’eau, favorise la structuration du sol et nourrit les organismes qu’il abrite. On observe cependant que de nombreux sols agricoles ont tendance à voir diminuer leur humus, ce qui peut, à long terme, menacer la production.

En outre, la dégradation de l’humus dans ce grand réservoir de carbone qu’est le sol provoque le rejet de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère, contribuant ainsi à l’effet de serre, a indiqué jeudi le Fonds national suisse (FNS) dans un communiqué.

Marais asséchés

La perte d’humus est particulièrement aiguë dans les sols des marais asséchés. Ils constituent la source principale des émissions de CO2 dans l’agriculture suisse. Le changement climatique va, selon toute probabilité, accélérer ce phénomène.

Cette diminution de l’humus dans les sols cultivés tient entre autre au fait que la culture des champs et l’élevage sont de plus en plus séparés. Conséquence: les champs ne reçoivent pas assez d’engrais de type fumier, qui compenseraient les pertes.

L’évacuation des résidus de récoltes et l’absence de prairies dans la rotation des cultures contribuent aussi à réduire la part d’humus dans les sols.

Compactage des sols

Le passage de machines lourdes sur des sols humides lors de travaux agricoles, forestiers ou de construction peut gravement endommager leur structure. Après un tel compactage, le sol devient quasiment imperméable à l’eau et à l’air.

Un essai de longue durée réalisé à Zurich-Reckenholz a montré des dégâts en profondeur qui réduisent le rendement de 20 à 80% dans l’année qui suit. Si le compactage est important, les dommages sont irréversibles et, même avec des mesures de régénération adéquates, il faut des années pour qu’un sol retrouve une structure saine.

Ces résultats soulignent l’importance de la prévention: il faut veiller à n’utiliser de machines lourdes que dans des conditions favorables ou à réduire leur emploi, écrit le FNS.

Stratégies de fumure

La fumure intense, soit l'enfouissement de fumier, dans certains secteurs de l’agriculture suisse surcharge également le sol. Elle provoque le lessivage des nutriments qui finissent dans les eaux, ainsi que des émissions du gaz hilarant dans l’atmosphère. Elle contribue donc à la pollution des eaux et à l’effet de serre.

En adaptant la répartition de la fumure et en incluant des légumineuses, des cultures dérobées - intercalées entre deux cultures principales annuelles - et des prairies à trèfles pluriannuelles dans la rotation, on pourrait réduire l’utilisation des engrais azotés, suggèrent les chercheurs.

Exigences du marché

La réforme agricole des années 1990 a imprimé à l’agriculture suisse une direction bien plus adaptée aux conditions naturelles. Mais la spécialisation des exploitations, leur tendance à devenir plus grandes, et également les exigences du marché ont à nouveau aggravé les contraintes pesant sur les sols.

Par conséquent, la voie à tracer pour l’avenir doit être celle d’une agriculture adaptée régionalement et localement, visant la qualité du sol, avec le moins d’agents auxiliaires possibles et un emploi limité des machines, selon les conclusions de ce PNR. Sont citées en exemple les techniques sans labour, la couverture permanente du sol et l’introduction de cultures dérobées multifonctionnelles.

Des décisions de principe sont indispensables en ce qui concerne les marais asséchés, du fait que nombre de systèmes de drainage existants doivent être rénovés et parce que la dégradation de l’humus atteint bientôt le sous-sol dans plusieurs régions. Jusqu’ici, il n’a pas été possible de trouver une stratégie qui assure une exploitation durable de ces sols, soulignent les scientifiques.

Il s'agit du deuxième volet consacré aux cinq synthèses thématiques du PNR68. Le troisième et dernier paraîtra le 3 mai.

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ATS