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La mer d'Aral, immense lac d'Asie centrale quasiment asséché par le détournement de ses affluents pour l'irrigation agricole, illustre les conséquences catastrophiques d'une gestion non durable de l'eau (archives).

KEYSTONE/AP/ALEXANDER ZEMLIANICHENKO

(sda-ats)

Le conseiller fédéral Didier Burkhalter a ouvert lundi à Astana (Kazakhstan) une conférence sur l'eau et la paix en Asie centrale. Une occasion pour la Suisse de rappeler l'importance de la "diplomatie bleue" dans la gestion des conflits.

"L'eau est importante, l'eau nous relie, soyons des ambassadeurs de l'eau": c'est sous ce slogan que le chef de la diplomatie helvétique a placé son allocution prononcée lundi dans la capitale kazakhe lors de l'ouverture de la conférence, selon le texte écrit de son discours.

M. Burkhalter a rappelé que l'eau n'est pas seulement un "moteur du développement", mais qu'elle doit aussi être "source de paix". Pour des pays voisins, une réglementation commune et transfrontalière de l'accès à l'eau constitue un important facteur de stabilité et de confiance, a-t-il ajouté.

La mer d'Aral, immense lac salé presque totalement asséché, illustre bien les conséquences catastrophiques d'une gestion non durable de l'eau en Asie centrale, souligne le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) lundi dans un communiqué. C'est la raison pour laquelle la Suisse a décidé d'apporter son soutien et son expertise à cinq Etats d'Asie centrale: Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Turkménistan.

Politique, technique et formation

La Conférence d'Astana a réuni des représentants de ces cinq pays, la Suisse et des observateurs internationaux pour échanger sur les thèmes de l'eau et de la sécurité ainsi que de la croissance durable pour tous. Didier Burkhalter a lancé à cette occasion l'initiative suisse "Blue Peace Central Asia 2017-2020".

Ce projet veut promouvoir le dialogue politique sur les défis et la recherche de solutions dans la gestion de l'eau de cette région. Il implique aussi un échange de connaissances techniques et la formation d'une nouvelle génération d'acteurs dans ce domaine ("Young Water Champions").

La conférence d'Astana constitue une nouvelle étape après une première rencontre à Bâle en novembre 2014, qui avait permis de définir un agenda de travail.

"Le coût de l'inaction"

A Astana, un rapport intitulé "le coût de l'inaction" devait être présenté. Il s'agit de savoir ce qui arrivera si rien n'est fait et de poser la question suivante: agir maintenant ou assumer les coûts élevés de l'inaction? Ces coûts se chiffreraient à plusieurs milliards de dollars par année, selon un expert de la coopération suisse.

Par ailleurs, la conférence devrait formaliser les modalités de la collaboration entre les pays concernés. Quatre thèmes ont été définis: les infrastructures partagées, la qualité de l'eau, l'information climatique et le développement des capacités.

La Suisse est engagée de longue date dans ce domaine, en Asie centrale depuis 2000, mais aussi au Proche-Orient. Elle a en outre créé en novembre 2015 un panel mondial sur l'eau et la paix qui se penche principalement sur les moyens de réduire les conflits liés à l'eau, à l'échelle mondiale et régionale, selon le DFAE. Ce groupe de travail devrait annoncer ses recommandations le 14 septembre à Genève dans un rapport.

Grande légitimité

L'eau peut bel et bien être un outil de gestion des conflits et de renforcement de la coopération, estime Markus Mugglin, journaliste spécialisé dans le domaine du développement. "Il faut veiller non seulement au partage de l'eau entre pays, mais également entre couches sociales", affirme-t-il dans un entretien à l'ats.

Et de rappeler qu'un des objectifs mondiaux de développement durable est que, d'ici 2030, tout le monde aura accès à l'eau propre. La Suisse jouit d'une grande légitimité en matière de "diplomatie bleue". Aucun autre domaine que l'eau n'a davantage permis à la Suisse de se démarquer, "que ce soit par des projets concrets, le droit à l'eau ou la sécurité et la diplomatie", souligne M. Mugglin.

ATS