Contenu externe

Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.

Avec le "Protest Bike" de Marinella Senatore, les protestataires peuvent exprimer leur mécontentement dans les rues de Zurich.

Marinella Senatore

(sda-ats)

Envoyer une carte postale au pape, parader à travers Zurich à vélo en scandant son énervement ou se mettre littéralement dans les chaussures d'un réfugié: dans la nouvelle exposition du Kunsthaus de Zurich "Action!", les visiteurs sont invités à devenir des acteurs.

A peine le temps de jeter un coup d'oeil dans une salle a priori vide, à l'exception d'un jeune homme et d'une jeune femme, que cette dernière tend la main au visiteur et se présente: "Bonjour, je m'appelle Andrea."

Elle explique que la salle est dédiée au travail de l'artiste anglo-allemand Tino Sehgal "This is exchange". La collaboratrice de la Déclaration de Berne propose ensuite au visiteur de parler de l'économie de marché contre une rémunération de quelques francs. Le jeune homme se lance alors dans une réflexion sur l'offre et la demande et l'égoïsme humain.

La nouvelle exposition du Kunsthaus est un "projet exceptionnel", explique le directeur du musée zurichois Christoph Becker jeudi lors de la présentation aux médias. Elle est dédiée aux performances, "une forme d'art qui n'a pas la vie facile dans un musée classique".

Deux entrées pour le prix d'une

De par sa nature basée sur l'immédiateté et l'éphémère, l'exposition ne dure que cinq semaines, jusqu'au 30 juillet. Son programme, qui réunit une trentaine d'artistes, varie continuellement et peut être consulté sur le site internet du musée. Un billet d'entrée donne droit à deux visites.

Les performances, happenings et actions artistiques ont connu leur grande époque dans les années 1960 et 1970. La jeune génération renoue avec ces formes d'expression qui se prêtent particulièrement bien pour aborder des thèmes politiquement engagés.

Crise des réfugiés et cantatrice

Ainsi, la crise des réfugiés et les guerres se retrouvent dans plusieurs oeuvres. La Libano-Syrienne Mounira Al Solh propose au visiteurs de glisser leurs pieds dans des sandales en bois traditionnelles, souvent portées par les réfugiés.

Juste un peu plus loin, Tania Brugueras invite le visiteur à envoyer une carte postale au pape François. Il s'agit d'une pétition demandant au Saint-Siège d'accorder la nationalité du Vatican à tous les réfugiés du monde.

L'exposition est également le cadre de nombreuses performances live. Par exemple, une cantatrice chante des commentaires haineux laissés sur les réseaux sociaux en réaction au scandale de dopage du cycliste Lance Armstrong, notamment.

Photos et vidéos

Se pose en outre la question de la conservation muséale des performances. La documentation en photo et vidéo joue un rôle central.

L'exposition montre des archives de la performance du Zurichois Dieter Meier exécutée en 1969 devant le Kunsthaus. Le musicien du célèbre groupe Yello avait alors compté 81'000 clous placés dans des sacs en plastique.

Extra muros

On y trouve aussi la vidéo, devenue elle-même fameuse, de la performance "Tapp- und Tastkino" (1968) de Valie Export. L'artiste autrichienne invite les passants masculins à lui toucher la poitrine en introduisant leurs mains dans une boîte qu'elle porte sur elle.

Les performances sont aussi appelées à sortir des murs du musée. Ainsi, les protestataires ont l'occasion de crier haut et fort leur mécontentement tout en traversant Zurich à vélo, au guidon du "Protest Bike". Le deux-roues muni de plusieurs porte-voix est mis à disposition par l'artiste Marinella Senatore. Une réservation en ligne préalable est nécessaire.

action.kunsthaus.ch

ATS