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La burqa que le Maroc ne veut plus voir dans les rues pour des raisons de sécurité (archives)

KEYSTONE/EPA/JULIEN WARNAND

(sda-ats)

Les autorités marocaines ont interdit la fabrication et la vente de la burqa, mettant en avant des raisons de sécurité. A noter que le voile intégral est rarement porté par les femmes au Maroc.

Selon la presse locale, le ministère de l'Intérieur a diffusé une circulaire à ses agents en charge des commerces dans les villes, leur enjoignant de ne plus autoriser la confection et la commercialisation des burqas à compter de cette semaine. Mais cucune annonce officielle n'a cependant été faite par ce ministère.

Dès lundi, des agents de l'Intérieur ont mené des "campagnes de sensibilisation auprès des commerçants" de Casablanca, la capitale économique du pays, "pour les informer" de l'interdiction de la burqa, selon le site d'informations Médias 24.

Des documents officiels circuleraient sur les réseaux sociaux ordonnant à des commerçants de plusieurs localités qui fabriquent et confectionnent des burqas de liquider leur stock de "niqabs afghans" dans les 48 heures, et de stopper toute fabrication et commercialisation de ce vêtement.

"Nous avons pris la mesure d'interdire totalement l'importation, la fabrication et la commercialisation dans toutes les villes et localités du royaume", a indiqué au site Le360 un responsable de haut rang au ministère de l'Intérieur, sous couvert d'anonymat.

"Discrimination"

Cette décision serait motivée par des raisons de sécurité, "des malfrats ayant à maintes reprises utilisé ce vêtement pour perpétrer leurs crimes", a indiqué la presse marocaine.

L'annonce de cette interdiction a jusqu'à présent suscité des réactions limitées. Devant le mutisme des autorités, certains commentateurs s'interrogeaient sur la portée de cette décision, tandis que des salafistes s'inquiétaient de son extension au niqab.

"Est-ce que le Maroc se dirige vers l'interdiction du niqab que les musulmanes portent depuis cinq siècles ?", s'est offusqué sur son compte Facebook Hassan Kettani, un cheikh salafiste. "Si c'est vrai, ce serait une catastrophe", selon lui.

"C'est de la discrimination. Cela montre que nous sommes considérés comme des citoyens de seconde zone", s'est indigné Oussama Boutaher, coordinateur du comité pour la défense des détenus islamistes. "Cette mesure porte atteinte à nos libertés individuelles, alors même que le Maroc a signé nombre de protocoles internationaux sur les droits de l'Homme", ajoute cette figure marocaine du salafisme.

Aucune loi

Pour la députée et ancienne ministre de la Femme, Nouzha Skalli, l'interdiction de la vente de la burqa est au contraire "un pas important dans le combat contre l'extrémisme religieux".

"Peut-on tout faire sous couvert de combattre le terrorisme ?", s'interrogent certains éditorialistes plus critiques, estimant que le choix vestimentaire relève de la liberté individuelle, pour la burqa comme pour le bikini.

Aucune loi n'interdit, dans le royaume chérifien, le port du voile islamique intégral dans des lieux publics.

Une burqa marginale

Le port de la burqa reste un phénomène extrêmement marginal au Maroc, pays tiraillé entre modernité et conservatisme, dont le roi Mohammed VI se veut le chantre d'un islam modéré, et où une majorité de femmes portent le hijab, un voile qui ne couvre que les cheveux.

Au Maroc, c'est le niqab, voile intégral qui ne laisse voir que les yeux, qui est porté par certaines femmes, en particulier dans les milieux salafistes. Cette tenue est davantage répandue dans les régions plus conservatrices du nord du pays et les petites villes.

Vêtement traditionnel des tribus pachtounes en Afghanistan, la burqa, un long voile, bleu ou marron, couvre complètement la tête et le corps, une grille en tissu dissimulant les yeux.

ATS

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