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Le pape François, ici à droite avec le cheikh Ahmed al Tayeb, grand imam de la mosquée d'Al Azhar, est en Egypte avec l'ambition de renouer le dialogue entre catholiques et musulmans.

KEYSTONE/AP/GREGORIO BORGIA

(sda-ats)

Le pape François a déclaré vendredi lors de sa visite au Caire que les "populismes démagogiques" n'aideraient pas "à consolider la paix et la stabilité". Il a appelé à "bloquer les flux d'argent et d'armes" pour "prévenir les conflits et édifier la paix".

"Aucune incitation à la violence ne garantira la paix", a dit le pontife dans un discours devant une conférence de la paix organisée par l'institution de l'islam sunnite Al-Azhar. Il a ajouté que "seule la paix est sainte et aucune violence ne peut être perpétrée au nom de Dieu, parce qu'elle profanerait son Nom".

"Encore plus à la racine, il faut combattre la prolifération des armes qui, si elles sont fabriquées et vendues, tôt ou tard, seront aussi utilisées", a affirmé le pontife argentin, en visite au Caire pour relancer le dialogue interreligieux avec le monde musulman et apporter son soutien à la minorité chrétienne, cible d'attaques djihadistes.

Sa visite intervient dans un contexte tendu, trois semaines après les attentats revendiqués par le groupe Etat islamique (EI) contre des églises coptes à Alexandrie et Tanta qui ont fait 45 morts le dimanche des Rameaux.

L'EI a aussi revendiqué un attentat contre la cathédrale copte orthodoxe du Caire en décembre, qui a fait 28 morts. Ces attentats ont poussé la quasi-totalité des chrétiens du Nord-Sinaï à fuir la péninsule.

Voiture ordinaire

Malgré les risques, le pape François a insisté pour, comme il le fait d'habitude lors de ses déplacements à l'étranger, ne circuler que dans une voiture ordinaire et non un véhicule blindé pendant les 27 heures qu'il passera au Caire.

Les autorités égyptiennes ont renforcé les patrouilles militaires dans la ville et sécurisé les rues autour de l'ambassade du Vatican et d'autres sites de la capitale en interdisant le stationnement des voitures et en bloquant le passage des piétons.

"Nous sommes satisfaits de voir que l'Etat prend enfin des mesures de sécurité fortes pour empêcher le terrorisme et pour protéger les églises", a commenté le père Boutros Halim, porte-parole de l'Eglise copte orthodoxe, dont l'immense majorité des chrétiens égyptiens sont issus.

Soutien aux chrétiens d'Orient

Pour Charles Morerod, l'évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, l'objectif de cette visite est double: "soutenir les chrétiens d'orient dans un moment de grande souffrance pour eux, et rencontrer les musulmans", explique-t-il dans une interview publiée par Le Temps.

"A cela s'ajoute que la démarche est œcuménique: le pape François part avec le patriarche de Constantinople, Bartholomée Ier. Celui-là même avec qui il était déjà allé à Lesbos, à la rencontre des migrants. C'est un nouveau signe de volonté œcuménique et d'espoir", ajoute Mgr Morerod, qui a rencontré Bartholomée samedi dernier à Chambésy (GE).

Le dialogue plutôt que l'affrontement

Pour le président de la Conférence des évêques suisses (CES), le pape et le patriarche "espèrent favoriser le dialogue avec les musulmans plutôt que l'affrontement. Ils estiment que la connaissance mutuelle peut parvenir à éviter la violence, alors que la méconnaissance favorise une caricature de l'autre, ferment de violence. Même si, de part et d'autre, une partie de leurs ouailles pensent que ce n'est pas possible".

ATS

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