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Le plus haut magistrat hongkongais pour une justice indépendante

"Il n'est pas acceptable de dire qu'on veut une réforme parce que la justice ne rend pas les décisions voulues", a déclaré Geoffrey Ma lors de son ultime conférence de presse avant son départ à la retraite. KEYSTONE/EPA/JEROME FAVRE sda-ats
Ce contenu a été publié le 05 janvier 2021 - 09:00
(Keystone-ATS)

Le plus haut magistrat de Hong Kong a livré mardi un plaidoyer en faveur du maintien dans sa ville d'un système judiciaire indépendant. Cela au moment où des médias officiels chinois militent pour une réforme en profondeur de la justice locale.

"Ce dont nous avons le plus besoin à Hong Kong est une justice indépendante", a déclaré le président de la Cour d'appel final de Hong Kong, Geoffrey Ma. Il revenait sur les craintes d'un glissement des tribunaux hongkongais vers le fonctionnement judiciaire de Chine continentale.

"Il y a trois articles dans la Loi fondamentale qui soulignent que la justice hongkongaise est indépendante, et nous devons nous en souvenir", a ajouté le magistrat âgé de 64 ans en citant le texte qui sert de mini-constitution pour la ville.

Avant de partir à la retraite

M. Ma, qui est né à Hong Kong mais a étudié en Grande-Bretagne, a observé que la justice hongkongaise était ouverte à la réforme, à condition que celle-ci vise à améliorer son fonctionnement.

"Mais il n'est pas acceptable de dire qu'on veut une réforme parce que la justice ne rend pas les décisions voulues", a-t-il ajouté lors de son ultime conférence de presse avant son départ à la retraite.

Autonomie sur le papier

L'ex-colonie britannique jouit sur le papier depuis sa rétrocession en 1997 d'une très large autonomie vis-à-vis de la Chine continentale.

La qualité et l'efficacité de son système judiciaire, dont l'indépendance est louée par la communauté internationale, ont joué un rôle crucial dans l'essor hongkongais de ces dernières décennies, aux antipodes de la justice opaque et politisée du reste de la Chine.

Mais la justice hongkongaise est depuis un an dans le collimateur des médias officiels chinois pour la façon dont elle a traité le lourd contentieux hérité des manifestations monstres de 2019, qui ont donné lieu à des milliers d'arrestations.

Reprise en main musclée

D'autant que dans la foulée de ce mouvement de contestation sans précédent depuis 1997, l'ex-colonie britannique a été l'objet d'une reprise en main musclée de la part du pouvoir chinois, au travers notamment d'une loi drastique sur la sécurité nationale qui a fait tomber une partie des barrières juridiques qui séparaient Hong Kong de la Chine continentale.

De hauts responsables chinois et des médias officiels appellent de leurs voeux une vaste réforme de la justice hongkongaise, en dénonçant le laxisme de certains jugements et peines concernant des manifestants.

Des juges ont été nommément pris pour cibles, dont certains qui ont même eu leurs données personnelles divulguées en ligne. Militants pro-démocratie et partisans du gouvernement hongkongais ont dans les deux camps critiqué certains jugements. Mais les appels à réformer la justice n'ont émané que de personnalités pro-Pékin.

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