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En Arabie saoudite, le site internet d'Al Djazira était inaccessible depuis mercredi soir. Et aux Emirats arabes unis, le site d'Al Djazira et d'autres médias qataris étaient également bloqués.

KEYSTONE/AP/KAMRAN JEBREILI

(sda-ats)

L'Egypte du président Abdel Fattah Al-Sissi, déjà accusée de museler la liberté d'expression et toute forme d'opposition, a renforcé son emprise sur les médias en bloquant plusieurs sites internet. Parmi eux, celui de la chaîne qatari Al Djazira.

Le site de la chaîne de télévision et une vingtaine d'autres sites internet qataris ou égyptiens étaient inaccessibles en Egypte depuis mercredi soir.

Parmi les autres sites figurent plusieurs médias qataris comme les journaux Al Watan ou Al Raya et des sites politiques islamistes comme celui des Frères musulmans Ikhwan Online. Le site d'Al-Sharq, une télévision favorable aux Frères musulmans basée en Turquie, a également été bloqué.

Médias indépendants visés

Mais l'interdiction vise aussi le site indépendant Mada Masr, connu notamment pour sa liberté de ton sur des sujets comme la corruption, ou encore Huffpost Arabi, le site en arabe du média américain The Huffington Post.

Ces mesures interviennent alors que les organisations de défense des droits humains accusent régulièrement le président Sissi, l'ex-chef de l'armée qui a destitué son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi en 2013, de réprimer toute voix dissidente.

Etats-Unis muets

"Il n'y a aucune tolérance pour les critiques", estime Timothy Kaldas, expert du Tahrir institute for Middle East Policy.

Et alors que le président américain Donald Trump a loué à plusieurs reprises le bilan du président Sissi, les autorités "se sont rendu compte qu'il n'y aura pas de pression de la part des Etats-Unis", poursuit M. Kaldas.

Parallèlement, en Arabie saoudite, le site internet d'Al Djazira était inaccessible depuis mercredi soir. Et aux Emirats arabes unis, le site d'Al Djazira et d'autres médias qataris étaient également bloqués.

Lourdes amendes

En Egypte, une loi sur le terrorisme adoptée en août 2015 prévoit de lourdes amendes pour "ceux qui publient d'une manière délibérée de fausses informations sur les actes terroristes à l'intérieur du pays".

Le texte précise aussi qu'il est interdit de publier des informations en matière de terrorisme "qui seraient contraires aux communiqués officiels du ministère de la Défense".

Au classement mondial de la liberté de la presse 2017 publié par Reporter sans Frontières, l'Egypte est au 161e rang sur 180.

Et la liste est longue désormais des personnalités du monde des médias qui ont dû renoncer à leurs activités ou qui ont eu des démêlés avec la justice.

ATS

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