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Les troupes de l'armée brésilienne ont été déployées mercredi dans la capitale Brasilia par le président Michel Temer.

KEYSTONE/EPA EFE/FERNANDO BIZERRA JR

(sda-ats)

Le président brésilien Michel Temer a abrogé jeudi un décret autorisant le déploiement de troupes à Brasilia après les manifestations violentes de mercredi. Celles-ci ont causé notamment la détérioration de plusieurs ministères.

"Le président de la République décrète l'abrogation du décret du 24 mai 2017, qui autorise le recours aux forces armées pour assurer le maintien de la loi et de l'ordre dans le district fédéral", indique le Journal Officiel, dans une édition spéciale.

La plupart des ministères étaient sous surveillance jeudi dès les premières heures de la matinée. Les militaires ont commencé à quitter les lieux quelques minutes après l'abrogation du décret, a constaté une journaliste de l'AFP.

Le déploiement de l'armée la veille avait causé un certain malaise au Brésil, pays encore marqué par les années de plomb de la dictature militaire (1964-1985). Ce recours avait été utilisé à plusieurs reprises ces dernières années, notamment pour renforcer la sécurité des Jeux Olympiques de Rio de Janeiro, en août 2016.

Incendie dans un ministère

Il visait à répondre aux heurts ayant éclaté à Brasilia lors d'une vaste manifestation hostile au président, au cours de laquelle 49 personnes ont été blessées, dont une par balle, sept personnes arrêtées. Des dégâts ont été causés à huit ministères et à la cathédrale, selon un bilan des autorités.

Cette mobilisation, convoquée par plusieurs syndicats et le Parti des travailleurs (PT, gauche) pour réclamer la démission de M. Temer, qui fait face à de graves accusations de corruption, a rassemblé plus de 35'000 personnes selon les autorités, 100'000 pour les organisateurs.

Le ministère de l'Agriculture a notamment été évacué après un incendie déclenché dans une salle par des manifestants qui avaient fait irruption dans les locaux.

"Mesure extrême"

Le décret présidentiel autorisant le déploiement des troupes avait été signé mercredi en milieu d'après-midi, mobilisant 1500 soldats. "Il n'y a pas de démocratie sans ordre. Le désordre ne sera pas toléré. Nous ne tolèrerons pas les manifestations qui dégénèrent en vandalisme et en actes de violence", a affirmé le ministre de la Défense, Raul Jungmann, peu après l'abrogation du décret.

Déployer l'armée à Brasilia "est une mesure extrême qui montre que le gouvernement a perdu tout contrôle, c'est un très mauvais signe pour notre démocratie", explique à l'AFP André Cesar, analyste politique du cabinet de consultants Hold. Une décision qui inquiète même des alliés-clés du président Temer, comme Tasso Jereissati, président du parti social-démocrate (PSDB).

"La présence de troupes nous effraie toujours un peu", rappelle-t-il, en référence aux années de la dictature militaire .

Appels à la démission

Michel Temer a succédé l'an dernier à Dilma Rousseff, elle-même destituée pour manipulation des comptes publics. Il est aujourd'hui mis en cause par plusieurs témoignages. Et les appels à sa démission se multiplient depuis la semaine dernière,

L'un l'accuse d'avoir approuvé le versement d'argent à l'ancien président de la Chambre des députés Eduardo Cunha en échange de son silence. Un autre témoignage l'accuse, lui et deux anciens présidents, Luiz Inacio Lula da Silva et Dilma Rousseff, d'avoir reçu l'équivalent de plusieurs millions d'euros de pots-de-vin.

Une enquête a par ailleurs été ordonnée par la Cour suprême. Et plusieurs motions ont été déposées pour tenter d'obtenir sa destitution. Le chef de l'Etat brésilien se défend des accusations portées contre lui et affirme qu'il n'a nulle intention de démissionner. Il est toutefois menacé par un possible éclatement de sa coalition.

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ATS