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Le procureur Bertossa dénonce les mensonges en série de l'accusé

Le procureur Yves Bertossa a estimé que cette procédure financière complexe reposait sur deux éléments: les détournements et les mensonges du gestionnaire du Credit Suisse (archives).

KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

(sda-ats)

L'ancien gestionnaire du Credit Suisse, qui est jugé devant le Tribunal correctionnel de Genève pour avoir détourné des dizaines de millions de francs, a agi avant tout par appât du gain, a estimé mardi le premier procureur Yves Bertossa, dans son réquisitoire.

Le prévenu "voulait devenir riche, très riche", a poursuivi le magistrat. L'accusé s'est mis de côté plusieurs millions lorsqu'il détournait de l'argent appartenant à l'ancien premier ministre géorgien Bidzina Ivanishvili afin d'approvisionner les comptes d'autres clients russes à qui il ne voulait pas avouer des pertes.

Rétrocommissions

Il a aussi touché des commissions pour environ 30 millions de francs lorsqu'il a effectué des transactions à l'insu de Bidzina Ivanishvili et d'autres clients, créant pour ce faire des sous-comptes cachés pour mener son trading non autorisé, produisant des faux et mentant à tout le monde pour échapper aux contrôles.

Pour sa défense, le prévenu a notamment indiqué avoir commis ces détournements, car il avait peur d'avouer à ses clients les pertes financières qu'ils subissaient. Un argument balayé par M.Bertossa. Pour le magistrat, il en va de la responsabilité d'un gestionnaire de dire la vérité aux personnes qui lui ont confié leur argent.

Les clients du prévenu étaient les seuls au monde à n'avoir pas réalisé de pertes pendant la crise financière de 2007-2008, alors que tout le monde à l'époque de la faillite de la banque d'investissement Lehman Brothers a perdu des plumes, a ironisé M.Bertossa.

Montants indécents

Le procureur a souligné le contexte particulier de cette procédure, avec des montants astronomiques, voire "indécents", en jeu. Il a rappelé qu'en 2012, Bidzina Ivanishvili, qui avait créé le mouvement politique "Rêve géorgien", était à la tête d'une fortune de 6 milliards de francs, soit environ la moitié du PIB de la Géorgie.

M.Bertossa a demandé au tribunal de condamner le gestionnaire de 54 ans pour escroquerie par métier au vu du nombre de transferts effectués, et pour gestion déloyale aggravée. Selon le procureur, le prévenu se trouvait à la tête d'une structure opaque, une sorte de holding du crime financier, qu'il utilisait pour s'enrichir.

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