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Le Soleil vu de près par la sonde Parker: une cascade de surprises

Vue d'artiste de la sonde Parker orbitant autour du Soleil (archives). KEYSTONE/EPA NASA/NASA/JOHNS HOPKINS APL HANDOUT sda-ats
Ce contenu a été publié le 04 décembre 2019 - 22:47
(Keystone-ATS)

La sonde Parker, lancée en 2018 à l'assaut des mystères du Soleil, s'est approchée de son ardente couronne, la couche la plus externe de son atmosphère. Elle y a découvert "un monde étonnamment chaotique".

"Nous avons trouvé des choses que nous n'attendions pas du tout", s'enthousiasme Matthieu Berthomier du laboratoire français de physique des plasmas, coauteur d'une des quatre études tirées des premières observations et publiées mercredi dans la revue Nature. "La vitesse du vent solaire n'est pas du tout régulière. Elle peut augmenter de façon très impulsive, parfois de 100/150 km par seconde. C'est très bizarre", a-t-il détaillé à l'AFP.

De la taille d'une voiture et protégée par un bouclier thermique très épais, la sonde Parker Solar Probe de la NASA est la construction humaine qui s'est approchée le plus près du Soleil.

Couche externe plus chaude

"Nous avons été choqués de voir à quel point la couronne est différente quand on l'observe de près", avoue Justin Kasper de l'université du Michigan, coauteur des travaux.

Depuis son lancement, le 12 août 2018, Solar Probe fonce à toute allure vers le Soleil. Son objectif est de tenter de résoudre un vieux mystère: qu'est-ce qui chauffe sa couronne solaire?

La partie la plus externe de l'atmosphère du Soleil est curieusement 200 fois plus chaude que la surface de l'étoile. "La couronne trouve donc un moyen de se chauffer par elle-même. Nous cherchons à déterminer les processus physiques qui le permettent", a expliqué à l'AFP Alexis Rouillard, chercheur CNRS à l'institut de recherche en astrophysique et planétologie, également coauteur des travaux.

Si ce mystère n'est pas encore résolu, certaines des observations déjà reçues permettent d'en apprendre un peu plus sur notre étoile, notamment sur l'énigmatique vent solaire. Ce flux de particules ionisées libérées par le Soleil prend naissance dans les couches hautes de l'atmosphère solaire. Il peut se faire sentir jusque sur terre, où ses tempêtes peuvent perturber le fonctionnement du réseau électrique ou provoquer des pannes de satellites.

D'après les observations de la sonde, "le vent ne serait pas un écoulement laminaire continu, non perturbé, mais serait, en grande partie, constitué de petits jets de matières chaotiques, comme des petits orages", explique Alexis Rouillard. Une surprise pour les astrophysiciens.

Autre découverte inattendue: le comportement du champ magnétique. Par moments, ce dernier s'inverse soudainement de 180 degrés, puis, quelques secondes ou quelques heures plus tard, se retourne, rapporte un communiqué de l'université de Berkeley.

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