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Un kiosque Naville, une des enseignes du groupe Valora, à la place Saint-François à Lausanne (archives).

KEYSTONE/CHRISTIAN BRUN

(sda-ats)

Le syndicat Syna, ancien partenaire social de Valora, critique les conditions de travail des employés de kiosque du groupe bâlois. Une nouvelle convention collective de travail (CCT) est en discussion, répliquent Valora et la Société des employés de commerce (SEC).

Après l'échec des négociations avec Syna l'année dernière, Valora - qui comprend les enseignes "k kiosk", "Press&Books", "Naville" et "avec" - s'était tourné vers la SEC comme nouveau partenaire social, avec laquelle il a conclu un accord pour une CCT valable dès le 1er janvier pour quelque 2000 collaborateurs du groupe.

Syna affirme mercredi dans un communiqué que le nouveau texte ne comporte pas d'améliorations, en particulier sur le salaire minimum - Syna avait demandé un relèvement de 100 francs, le salaire le plus bas étant de 3600 francs. Il ajoute que Valora n'a pas non plus amélioré les conditions des congés maternité et paternité.

Syndicat "étranger à la branche"

En outre, la CCT ne s'applique qu'aux points de vente Valora, et non pas aux "agences" (gérées par des personnes ayant un statut indépendant), qui emploient pourtant la majorité des salariés et qui, dans les faits, affirme Syna, ne sont pas indépendants.

Enfin, Syna critique le nouveau partenariat social avec un syndicat "étranger à la branche", qui ne serait pas en mesure de contrôler la bonne application de la CCT. La SEC "n'a presque pas de membres dans le secteur des kiosques", a assuré mercredi à l'ats Carlo Mathieu, responsable du secteur tertiaire à Syna.

"La CCT actuellement en vigueur - et donc les dispositions en matière de salaire minimum, de congé maternité et paternité - est celle qui a été négociée entre Valora et Syna", répond la SEC. Le texte a été prolongé pour que les employés ne se trouvent pas sans protection à partir de 2017. La SEC et Valora négocient actuellement une nouvelle CCT, précise le porte-parole de la SEC Dominique Nussbaum dans une prise de position écrite.

"Le tribunal arbitral a tranché"

Et s'agissant du reproche de ne pas représenter les employés de Valora, le porte-parole relève "qu'en tant que partenaire social des plus grands représentants du commerce de détail - Coop, Groupe Migros, Lidl, notamment), la SEC dispose d'une expérience et de compétences solides en matière de commerce de détail".

Valora confirme pour sa part mener des discussions avec la SEC pour adapter la CCT, mais précise qu'il est encore trop tôt pour annoncer des résultats.

Le groupe bâlois souligne par ailleurs qu'un tribunal arbitral a confirmé que les agences "k kiosk" sont des entreprises indépendantes qui ne sont pas soumises à l'ancienne CCT entre Syna et Valora. "Syna peine apparemment à accepter ce jugement qui a force de loi", indique le service de presse de Valora.

"Heures non payées"

Le groupe ajoute que les agences, qui ont la possibilité de se soumettre volontairement à la CCT, ont l'obligation de suivre la législation sur le travail, et qu'elles se sont engagées contractuellement à respecter le salaire minimum contenu dans la CCT. "Valora ne tolérera pas d'infraction à cette obligation", assure le groupe.

Syna précise pour sa part qu'il va continuer à se battre pour ses 400 membres actuellement employés dans les kiosques du groupe Valora. Carlo Mathieu annonce ainsi des actions en justice pour faire respecter la loi sur le travail ou le Code des obligations, évoquant en particulier des cas d'heures de travail non payées.

ATS

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