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Le Vatican a réagi avec une vigueur inaccoutumée à un photomontage commercial de la firme Benetton montrant le pape Benoît XVI embrassant l'imam de la mosquée al-Azhar. Il a annoncé des actions en justice pour empêcher sa diffusion.

Le retrait de la photo de la campagne de Benneton, annoncé mercredi soir par la société textile à la suite d'une réaction indignée du Vatican, n'a pas suffi. La Secrétairerie d'Etat a chargé jeudi ses avocats d'"entreprendre, en Italie et à l'étranger, les actions qui s'imposent en vue d'empêcher la diffusion, également dans les mass-médias", du photomontage de Benetton.

Même si la société a présenté ses excuses et supprimé la photo de sa campagne, elle circule désormais sur les forums internet du monde entier.

"Un baiser de passion, pas de paix"

Elle touche un point très sensible pour le Saint-Siège, le difficile dialogue avec l'islam, à un moment où les menaces augmentent contre les chrétiens du Moyen-Orient.

La célèbre université sunnite égyptienne, avec laquelle le Vatican entretient des relations difficiles, a exprimé à son tour sa réprobation: cette photo montrant le grand imam, Ahmed el-Tayyeb, embrassant sur la bouche Benoît XVI, est "irresponsable et absurde", a dit un de ses conseillers.

Le Vatican aurait pu feindre l'indifférence et garder le silence. Mais, selon l'expert Andrea Tornielli du site Vatican Insider, le Saint-Siège, qui enregistre aussi les protestations de ses fidèles sur internet, a voulu montrer qu'"on ne peut faire tout ce qu'on veut" en utilisant la photo du pape à des fins commerciales.

D'autant plus, note-t-il, que le photomontage fait bien plus passer le message d'un baiser passionnel que d'un baiser de paix.

D'autres photos de dirigeants en train de s'embrasser ont été diffusées par Benetton, qui a lancé sa campagne "UNHATE" ("non-haine") mercredi: Barack Obama avec ses homologues chinois Hu Jintao ou vénézuélien Hugo Chavez, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le président palestinien Mahmoud Abbas, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel.

ATS